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Le ministère des TIC va demander la création d’un ministère transversal du Numérique en tant que CEO de l’EtatLe ministère des TIC et de l’Economie numérique a organisé samedi 26 novembre dernier une journée d’étude dans un des hôtels de Gammart dans le but de mettre à jour le Plan National Stratégique pour le numérique (PNS). Ce PNS qui a été tracé lors du séminaire de Tabarka en 2013 puis peaufiné lors du séminaire de Korba en 2014, se retrouve, en effet, bloqué ou retardé sur plusieurs d’autres axes, comme le e-Business et l’innovation.

Cette journée de novembre 2016 est en fait une réunion en conclave entre des représentants du ministère des TIC, le privé, dont l’UTICA, ainsi qu’un représentant de la Banque Africaine de Développement (BAD). Son but: Faire une mise à jour de ce PNS.

Pendant la matinée le planning de chaque axe a été présenté dans différents groupe. Dans celui du e-business le secteur privé a été surpris de voir de grands changements dans le plan initial, notamment concernant le Transport Intelligent. «Je me demande pourquoi avoir sorti le développement d’un portail Web dans un lot à part ?», s’est étonné Karim Ahras de la Fédération des TIC (UTICA). Pour lui, il y a des process qui sont inutiles ou qui sont devenus obsolètes depuis 2014. 

Ce genre de remarques a été récurrent sur d’autres dossiers comme la e-education ou le e-tourisme. «On parle de projet national et de développement en Tunisie, oui. Mais pour le tourisme, il faut penser plutôt à l’international», a-t-il fait remarquer. «Si on veut relancer le tourisme en Tunisie, il faut absolument qu’on collabore avec les géants comme Google et Facebook. De toutes les façons ça sera plus efficace que les campagnes d’affichage urbain à l’étranger».     

Karim Ahras s’est également étonné du fait que le dossier e-Patrimoine (numérisation de la bibliothèque nationale) est toujours au point mort. «En 2011, nous sommes allés voir le ministère de l’Emploi pour lui présenter ce projet comme un moyen de créer de l’emploi car c’était notre orientation principale à l’époque. Nous sommes en 2016, et il y’a toujours rien qui a été fait. Pourtant le budget pour ce projet n’a pas été touché et le dossier est encore dans les terroirs. Ceci étant dit, les choses ont changé depuis 2011. Il faut qu’on trouve un Business Model clair qui puisse convaincre le privé à venir s’investir dans le e-Patrimoine car c’est ce que demandent à minima les banques maintenant pour pouvoir travailler».   

A la fin de la matinée, chaque groupe de travail a présenté son plan d’action et les dossiers à caractère urgent. «Nous avons besoin, aujourd’hui, de sortir avec les recommandations qu’on va présenter à la prochaine réunion du Conseil Stratégique pour le Numérique qui va se réunir sous la présidence de Youssef Chahed avant la fin de l’année», a interpelé pour sa part Habib Dabbabi, secrétaire d’Etat chargé du numérique. 

Ce n’est que vers la fin de la journée que les présents se sont mis d’accord sur un plan d’action plus efficace. Au lieu d’exiger aux différents ministères d’avancer sur les dossiers du PNS les concernants, le Conseil va demander à Youssef Chahed deux points : 

- Le secrétariat d’Etat chargé du Numérique devient une sorte de CEO de l’Etat, qui sera directement sous la houlette du Chef du gouvernement. Il sera ainsi une sorte de nouveau ministère transversal, à l’image du ministère de l’Equipement. Avec cette nouvelle hiérarchie, tous les centres Informatiques étatiques du pays, seront directement rattachés à ce «CEO» et non plus à leurs ministères respectifs. 

- La création d’un nouvel organe dédié aux entreprises TIC. Une sorte d’Agence de Promotion de l’Industrie (API) mais dédiée au numérique. Elle se chargera de la création, l’accompagnement et voire même le financement des Startups. Ceci permettra d’avoir une meilleure visibilité du nombre des Startups et des services proposés. Chose que le ministère de l’Industrie est incapable, actuellement de le faire, vu que toutes les entreprises TIC sont classifiés dans la catégorie «Société de service informatique».

D’après les présents, sans ces deux conditions, on ne pourra plus parler de Tunisie Digitale ou même de développement économique grâce aux TIC, surtout avec le manque clair de cohésion entre les différents département de l’Etat. 

Welid Naffati