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Transformation digitale : «Un salarié qui n’échoue pas n’est pas un bon salari黫Je me rappelle lors des journées de l’IACE, un intervenant a dit que la transformation digitale est la numérisation. Je n’ai pas pu me taire et j’ai dû intervenir pour expliquer que ce n’était pas la même chose», a affirmé Tawfik Jelassi, ex-ministre des TIC, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et actuel professeur Stratégie et Management et Technologie en Suisse. M. Jelassi était l’invité du 18ème épisode de DigiClub powered by Topnet.

«La numérisation, est le changement d’un support papier à un support numérique. On ne peut pas non plus définir la transformation digitale par l’informatisation qui est l’automatisation d’une tâche ou d’un processus. Or une transformation digitale, est un changement radical et non incrémental. Si la transformation digitale n’est que la numérisation, alors pourquoi ramener le Président du gouvernement aux journées de l’IACE ? Autant laisser cette tâche au CNI. Et pourquoi ramener 1300 PDG et Directeurs des Conseils d’administrations ? Autant ramener les DSI. Car il s’agit d’une nouvelle stratégie. Et qui gère une stratégie ? C’est le Chef du gouvernement au niveau d’un pays, et le PDG au niveau de l’entreprise».

Transformation digitale : «Un salarié qui n’échoue pas n’est pas un bon salarié»

Tawfik Jelassi

Pourquoi alors on a du mal à déclencher cette transformation digitale ? «Car on n’a pas l’état d’esprit qui pousse à l’innovation et la créativité. Lorsqu’on dit j’innove, on n’est pas sûr de réussir. Il y a une idée sur 10 ou 100 qui va réussir. Mais est-ce qu’on est prêt à accepter l’échec ? En tant qu’organisation ou entreprise, on vise le succès et la réussite. Mais ce n’est pas garanti. Il faut avoir la culture de l’echec. Je connais des entreprises en Europe qui célèbrent l’échec avec une soirée par mois, où ceux qui ont pris des initiatives non concluantes, les exposent et en parlent», a-t-il répondu.

Mais avec l’echec, il y a la peur et la honte qui vont avec. Que faire dans ce cas là ? «C’est l’organisation de l’entreprise qui est en jeux. Il faut que le top management encourage la prise d’initiative. chaque salarié entre avec un contrat où les tâches sont bien définies. Or ceci ne va pas aider l’entreprise à progresser. Si on part du principe que chaque employé est un facteur d’innovation, le top management doit lui donner les ressources nécessaire pour il faut que le top Managment accepte lui même l’echec», a-t-il rétorqué.

Il a pris l’exemple d’un directeur d’une entreprise allemande qui lui a dévoilé sa stratégie RH et comment ceci l’a aidé à faire réussir son entreprise : «Un directeur allemand une fois m’a dit ceci : ‘si un nouvel employé chez moi n’a pas échoué au bout de 3 ans, je ne renouvelle pas son contrat. C’est clair que la 1ère année, il apprend d’un senior. La 2ème année, il peut faire les tâches tout seul. Mais pendant la 3ème année, il doit se poser la question sur comment faire les choses différemment. Car il a encore un regard critique. Du coup, il va commencer à penser outside of the box’».

Pour M. Jelassi, le monde autour de nous est en train de changer. «Mais avions-nous entamé notre propre changement ? Moi, personnellement, j’en doute». s’est-il demandé. «Une entreprise doit mettre ses clients au centre de sa stratégie et de leur de ses actions. Sans leur clients, les entreprises n’existeront plus. Même chose pour les Etats. Quand on parle de Customer Relationship Management ou CRM pour les entreprises, le CRM c’est aussi Citizen Relationship Management. Donc la création de valeur ne se fait pas uniquement au monde économique, mais aussi dans la relation de l’Etat avec les citoyens. 

Pour écouter l’interview au complet, rendez-vous sur SoundCloud en cliquant ici, ou sinon sur iTunes.

Welid Naffati 


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