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Intilaq proposera aux Startup des tickets de financements de 1 million de DTLes start-ups peinent toujours à se financer et à trouver les fonds nécessaires à leur développement. Face à cette problématique majeure, certaines disparaissent, laissant place à un échec fracassant. Cela dit, il existe une planche de salut pour les sociétés qui placent l’innovation au cœur de leur stratégie : les fonds d’investissement. L’un des plus connus en Tunisie est Intilaq. Après une période de flottement sans direction, aujourd’hui un nouveau CEO a été donné à sa tête : Bassem Bouguerra. Il était l’invité du dernier épisode de DigiClub et ce, pour présenter son programme et sa nouvelle stratégie. 

Le nouveau CEO d’Intilaq est d’abord revenu sur le rôle de cette plateforme. Il a indiqué qu’Intila9, financé auparavant par le Qatar Friendship Fund (QFF) et actuellement par le QFD (Qatar Fund for Development) a pour mission de porter les projets des petites structures et/ou celles nouvellement nées et actives dans le domaine des TIC. «Les strat-ups bénéficient au démarrage de financements qui vont de 100 à 400 mille dinars tout au plus. Des montants qui restent insuffisants pour la deuxième phase, à savoir l’accélération du développement. Cette phase nécessite, en effet, des fonds qui avoisinent 1 million de dinars qu’aucune structure ne peut débloquer sans garanties. C’est exactement à ce niveau qu’Intilaq peut intervenir. Nous accompagnons très en amont les strat-ups en entrant dans le capital de l’entreprise par un apport de fonds très important et sans garanties», a expliqué Bassem Bouguerra avant de souligner que jusqu’aujourd’hui «Intila9 a fiancé 25 start-ups tunisiennes». 

Intilaq prend un nouvel élan 

Interrogé sur les changements qu’Intilaq compte entreprendre pour consolider son rôle d’accompagnateur stratégique pour les strat-ups tunisiennes, Bassem Bouguerra a avancé que la plateforme a acquis un bâtiment aux Berges du Lac II et compte y installer en plus des espaces de co-working, un Fablab. «L’idée est de donner l’occasion à un nombre plus large d’étudiants et de porteurs d’idées de travailler sur la mise en œuvre de leurs idées et le développement de leurs projets. Nous pensons d’ailleurs lancer des trainings workshops dès l’ouverture de notre nouveau local vers le troisième trimestre de 2017. Par ailleurs, nous nous focaliserons davantage sur les domaines de la robotique, du gaming, et de la Virtual Reality. Les jeunes qui sont passionnés par ces domaines et pensent avoir des idées innovantes sont donc les bienvenus», a indiqué Bassem Bouguerra. 

Bassem Bouguerra (à gauche) et Faouzi Moussa (à droite)

Bassem Bouguerra (à gauche) et Faouzi Moussa (à droite, qui a assuré la coanomation de l'émission)

Ce qu'il ne faut pas faire pour réussir 

«Un bon CV, une bonne idée et un marché prêt à l’idée». C’est ainsi que le CEO d’Intilaq a résumé la recette du succès d’un projet. Selon Bassem Bouguerra, avoir une bonne idée n’est guère suffisant. Tout est dans l’exécution. «Il faut d’abord que le porteur d’une idée soit doté des compétences qui lui permettront de modifier son business model ou d’améliorer son idée si besoin est. Il faut aussi étudier le marché, être sur que ce marché est prêt pour l’idée, le produit ou le service qu’on pense lancer», a souligné Bassem Bouguerra. 

Il a ajouté dans ce sens, que la faute commune à plusieurs entreprises ou porteurs d’idées et de projets et qui souvent conduit à l’échec, est de s’enfermer, de couper contact avec le monde extérieur tout en pensant que c’est le meilleur moyen de protéger son idée et sortir le meilleur produit qui puisse exister. «Concevoir un produit sans consulter le consommateur ou l’utilisateur est une vision erronée. On ne peut jamais savoir ce que le consommateur veut ou cerner ce dont il a réellement besoin. Il est donc nécessaire de lancer le produit dans une première version, le tester auprès de l’utilisateur, avoir le feedback de ce dernier pour ensuite améliorer le produit et le lancer sur le marché», a-t-il souligné. 

Le CEO d’Intilaq a également saisi l’occasion pour pointer du doigt le manque d’engagement de certains jeunes entrepreneurs : «Les évènements organisés autour de l’entrepreneuriat se multiplient et gagnent du terrain tant à l’international qu’en Tunisie. Certes, ces évènements ont une plus-value et peuvent inspirer les jeunes mais il est intolérable que les start-upeurs se précipitent à y assister, à chaque occasion, au lieu de consacrer du temps à l’amélioration de leurs produits. Il faut faire preuve de sélectivité et n’assister que dans l’objectif de trouver un investisseur ou améliorer son efficacité commerciale», a précisé Bassem Bouguerra tout en soulignant qu’en Tunisie «nous sommes encore loin des success-stories que nous pouvons mettre en avant sur un podium. Il faut donc rester humble dans son approche». 

Bassem Bouguerra a conclu en affirmant que pour réussir, il faut surtout assimiler l’échec et en faire un nouveau point de départ pour reconstruire son parcours.  

Pour écouter son intervention au complet, vous pouvez écouter le 25ème épisode de DigiClub powered by Topnet en cliquant sur ce lien

Nadya Jennene


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