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ALECA et services informatiques : Une opportunité pour la Tunisie, si…

“ALECA et services informatiques : Opportunités et  préalables à un accord réussi”. C’est sous cette thématique que Solidar a organisé, mercredi dernier, une conférence en collaboration avec le ministère des Technologies de la communication & de l’Economie numérique et la Fédération nationale des TIC. Cet événement s’inscrit, en effet, dans la continuité des travaux de l’ONG sur les négociations entre la Tunisie et l’Union Européenne dans le cadre de l’Accord de Libre Echange Complet et Approfondi.

Qu’est ce que l’ALECA?

L’ALECA ou Accord de Libre Echange Complet et Approfondi est un projet d’accord entre la Tunisie et l’Union européenne dont le but est de renforcer la coopération économique et concrétiser les objectifs du Partenariat Privilégié que la Tunisie a pu obtenir auprès de l’UE en novembre 2012.

Un premier round de négociations a eu lieu dans la semaine du 17 avril et un deuxième a démarré la semaine du 23 avril. Le but étant de perfectionner cet accord pour en faire “un instrument d’intégration de l’économie tunisienne dans l’espace économique de l’Union Européenne”.

Les services informatiques, un secteur ouvert aux européens

Le secteur des services informatiques revêt, aujourd’hui, une importance majeure pour l’économie tunisienne de par la stratégie numérique “Tunisie Digitale 2020” établie par le gouvernement. Une étude sectorielle sur les caractéristiques de ce secteur a été réalisée par Mustapha Mezghani et présentée par l’expert lui-même, lors de la conférence organisée par Solidar.

Cette étude dont le but est de mettre en évidence les préalables à un ALECA pilote et des contre-propositions permettant d’en faire un accord réussi, indique que le marché tunisien des services informatiques demeure ouvert est très accessible aux entreprises européennes. Ces dernières disposent en Tunisie de plusieurs avantages, fiscaux notamment, en plus de la proximité géographique et des sites de production et de la main d’œuvre qui restent peu couteux.

Or, pour les entreprises tunisiennes, il existe encore des barrières. Ces barrières concernent en particulier la libre-circulation des ressources humaines et l’accès des entreprises tunisiennes aux services bancaires. L’inscription de la Tunisie sur la liste noire de l’Union européenne des juridictions fiscales non-coopératives, est, par ailleurs, venue compliquer davantage la situation.

L’étude sur l’ouverture des services informatiques des deux cotés, tunisien et européen, a confirmé cette asymétrie et a proposé des préalables à prendre en considération lors des négociations entre la Tunisie et l’Union européenne pour palier aux barrières existantes :

– Garantir la réciprocité de la libre-circulation des professionnels

– Retirer la Tunisie de la liste noire des paradis fiscaux

– Neutraliser les effets des subventions, celles relatives à l’export notamment, et rendre ainsi les entreprises tunisiennes éligibles aux fonds de subvention de l’innovation pour une meilleure compétitivité sur le marché européen

Quelles opportunités pour la Tunisie?

L’accès à un marché européen immense est sans doute une opportunité dont les impacts seront tant économiques que sociaux. Ceci permettra d’abord de multiplier le potentiel de développement des entreprises tunisiennes. Pour rappel, le chiffre d’affaires et les exportations du secteur des services informatiques ont représenté, respectivement, 2 270 et 929 millions de dinars en 2015, selon les données communiquées par le ministère des Finances et citées par Mustapha Mezghani dans son étude.

Intégrer le marché européen signifie également la possibilité de générer des ressources supplémentaires en devises étrangères pour le pays. Ces ressources pourraient par ailleurs booster la santé financière de nos entreprises et leur permettre ainsi d’améliorer leur productivité en misant sur de meilleures rémunérations pour leurs compétences ou en recrutant davantage, ce qui donnerait lieu à un phénomène de fuite des cerveaux moins considérable et un taux de chômage moins alarmant.

La Tunisie souffre en effet d’une forte hémorragie de migration des compétences vers l’Europe, en particulier les ingénieurs. Le pays se classe en deuxième position, après la Syrie, en terme de fuite des cerveaux (Rapport du ministère des Affaires sociales datant de 2009) et sixième sur la liste des pays arabes qui abritent le plus de chômeurs. Les données communiquées par l’Institut national de la statistique indiquent que le taux de chômage en Tunisie a atteint 15.5% au dernier trimestre de 2017.

Nadya Jennene

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