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«Ammar 404 est mort. Mais est-il vraiment enterré ?»

«Ammar 404 est mort. Mais est-il vraiment enterré ?»

Dans le cadre du Freedom Online, l’Agence Tunisienne d’Internet (ATI) a ouvert, le 15 juin dernier, les portes de son sous-sol au public. Des dizaines de pirates sont venus relever un défi. Celui de pirater les serveurs de censure qu’utilisait Ben Ali pour museler l’opposition. L’ATI a réussi à remonter le temps et à re-censurer le Net tunisien… mais dans le réseau local de son siège technique. Une trentaine de pirates (dont la moitié venus de l’étranger) ont répondu présents à l’événement. L’un de ces hackers a accepté de nous accorder une interview. 

«Ammar 404 est mort. Mais est-il vraiment enterré ?»Dans le cadre du Freedom Online, l’Agence Tunisienne d’Internet (ATI) a ouvert, le 15 juin dernier, les portes de son sous-sol au public. Des dizaines de pirates sont venus relever un défi. Celui de pirater les serveurs de censure qu’utilisait Ben Ali pour museler l’opposition. L’ATI a réussi à remonter le temps et à re-censurer le Net tunisien… mais dans le réseau local de son siège technique. Une trentaine de pirates (dont la moitié venus de l’étranger) ont répondu présents à l’événement. L’un de ces hackers a accepté de nous accorder une interview. Esprit geek oblige, il a tenu à ne se présenter qu’avec son pseudo Tux_Tn. Look très underground, un t-Shirt arborant le logo de The Pirate Bay, ce jeune lycéen de 18 ans se présente, non sans fierté : il est membre du hackerspace.tn. Interview.

THD : Il y a des hackers qui piratent pour voler des données ou faire tomber un site par vengeance (Black Hat). D’autres le font juste pour le plaisir en proposant par la suite leurs services aux webmaster pour sécuriser un peu plus leurs portails (White Hat). Vous faites partie de quelle frange ?

Tux_Tn : Je fais partie des White Hat. Je préfère utiliser les technologies pour améliorer les choses, aider les gens et surtout contribuer à garantir les libertés sur Internet.

Qu’est ce qui motive votre présence à cet évènement ?

C’est un grand changement qu’on vit aujourd’hui. En effet l’ATI a été considérée comme un ennemi des Libertés pendant le régime de Ben Ali. Mais maintenant, elle essaye d’aider les gens dans leurs projets informatiques et surtout défendre les libertés des Internautes.

Comment avez-vous réagi quand vous avez vu pour la première fois le matériel de censure au sous-sol de l’ATI ?

C’est un mélange de rage et de soulagement à la fois. On savait qu’il y avait des machines de censure, mais on n’avait aucune idée sur leur nature, leur technique de fonctionnement et encore moins à quoi elles ressemblaient. En les voyant en direct, on s’est rappelé de cette période noire du Net tunisien. Mais en les voyant en direct, c’est comme si on avait démasqué cet ennemi fantôme qu’est Ammar 404. 

«Ammar 404 est mort. Mais est-il vraiment enterré ?»

Selon vous, cet Ammar est vraiment fini et mort ? 

Mort, oui ! Car on a confiance en l’ATI. On nous a affirmé que ce matériel est désormais utilisé pour l’hébergement. Mais est-il vraiment enterré ? C’est ça la question et c’est ça l’enjeu. Il y a toujours, en effet, le risque qu’il soit ressuscité. Mais on reste vigilant pour barrer la route à toute entité ou personne qui chercherait à le remettre en service.  

Vous pensez quoi de ce projet de 404 Lab ?

Je pense que cette initiative va améliorer l’image de l’ATI et de la Tunisie. Ca va être l’occasion pour plusieurs hackers de travailler ensemble pour contribuer au développement du Net tunisien. Après tout, ça a un impact très positif sur l’économie du pays. 

Vous espérez quoi de ce Freedom online ?

Sachant que c’est la première conférence de cette coalition dans un pays arabe. Je pense que Freedom Online va ouvrir des perspectives pour la Tunisie et ainsi promouvoir la liberté d’accès sur Internet. J’espère aussi qu’on aura l’assurance que ce Ammar ne reviendra plus jamais, ni en Tunisie, ni ailleurs.

Propos recueillis par Ali Achour

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