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Appels téléphoniques et Internet haut débit: La Banque Mondiale épingle la Tunisie

Appels téléphoniques et Internet haut débit: La Banque Mondiale épingle la Tunisie

Dans son dernier rapport sur l’état du haut débit et des télécommunications téléphoniques internationales dans la région Afrique du Nord et Moyen Orient, la Banque Mondiale (BM) a donné une image plutôt peu glorieuse de la Tunisie par rapport à ses voisins.

Appels téléphoniques et Internet haut débit: La Banque Mondiale épingle la TunisieDans son dernier rapport sur l’état du haut débit et des télécommunications téléphoniques internationales dans la région Afrique du Nord et Moyen Orient, la Banque Mondiale (BM) a donné une image plutôt peu glorieuse de la Tunisie par rapport à ses voisins.

Bien que le rapport a bien mentionné les efforts de la Tunisie dans le développement des TIC et son bon potentiel de compétitivité, les études menées par la BM durant une année (de décembre 2011 à décembre 2012) ont, carrément, épinglé le secteur des télécommunications tunisien sur plusieurs points comme les appels internationaux. «Le prix d’un appel international en Turquie est 10 fois moins cher que celui de la Tunisie», lit-on sur le rapport.

La raison qui explique cela ? Le manque de compétitivité. D’après la Banque Mondiale, les communications internationales sont véhiculées via les liaisons de fibres optiques sous-marines dont Tunisie Telecom est l’unique gestionnaire/propriétaire. Le rapport mentionne, toutefois, que le projet du câble Didon (cofinancé par Tunisiana et Orange) va certainement aider à tirer vers le bas le prix de l’appel international sur le moyen terme. Sur un plus court terme, la Banque Mondiale s’est félicité du fait que l’Instance Nationale des Télécommunications (INT) a pris des mesures urgentes en obligeant Tunisie Telecom à ouvrir l’accès aux points d’atterrissage des câbles sous-marins à la concurrence.

La pénétration du Broadband (haut débit), véritable fer de lance du développement économique pour les pays émergents, était au centre des préoccupations de la Banque Mondiale, notamment pour la Tunisie. Toujours d’après le rapport, le prix de la connexion Internet haut débit reste, en effet, très cher par rapport à d’autres pays de la région. «Pour pouvoir se connecter à Internet en haut débit via une ligne fixe ou mobile, 40% de la population doit dépenser plus de 4% de son salaire», explique le rapport de la BM. La raison ? Encore le manque de concurrence, qu’elle soit sur le fixe ou le mobile. 

Classement de la Tunisie par rapport aux pays de la région sur le prix d'une connexion Haut Débit filaire et mobile. Source : Banque Mondiale

Classement de la Tunisie par rapport aux pays de la région sur le prix d’une connexion Haut Débit filaire et mobile. Source : Banque Mondiale

Le rapport indique, en effet, que plus le prix d’un abonnement Internet filaire (comme l’ADSL) se situe aux alentours de 3% d’un salaire moyen, plus le nombre des connexions croitra, et la croissance économique avec. Pour l’Internet mobile, ce taux est plutôt de 5%. Si pour la partie mobile la Tunisie se rapproche de ce niveau (environ 5,5%), c’est sur l’Internet filaire que la Banque Mondiale épingle notre pays (environ 4,7%, loin des 3% demandés).

La BM a également pointé du doigt la législation tunisienne qui n’ouvre pas assez le marché aux opérateurs alternatifs, comme les fournisseurs d’accès Internet (FAI). Comment ? En leur donnant le droit d’installer leur propre réseau de Backhauling (dernière passerelle de liaison entre le client et le réseau télécom). Notamment grâce à la fibre optique.

Le câble de liaison Maghrébin Ibn Khaldoun

Le câble de liaison Maghrébin Ibn Khaldoun

Sur les liaisons Internationales, le rapport présente la Tunisie comme un potentiel hub régional grâce aux 4 liaisons sous-marines (dont celui en cours de construction) et le câble de fibre optique terrestre Ibn Khaldoun qui relie le Maroc à la Lybie en passant par l’Algérie et la Tunisie. Sans parler de deux autres liaisons de fibres optiques que nous avons avec la dorsale Internet nationale de nos voisins algériens.

Les différentes liaisons nationales et internationales de l'Algérie

Depuis très longtemps, la Banque Mondiale n’a pas cessé de marteler que le prix du méga bit est très cher en Tunisie. Ce qui impacte négativement le développement économique du pays. C’est ce qui explique, par ailleurs, ses constantes pressions sur l’Etat tunisien en lui exigeant, à chaque octroi de prêts, des réformes plus libérales du secteur. 

Or, la cherté de la bande passante (et donc des abonnements Internet) ne revient pas, seulement, au manque de concurrence sur les liaisons internationales. Le problème est bien plus profond. Ceci est dû, avant tout, à une absence de stratégie nationale pour le développement du contenu numérique local. Après tout, à quoi bon de produire des tomates et du blé pour le consommateur local, si au final on les exporte à l’étranger pour les importer après ?

Welid Naffati

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