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Contrat Gouvernement tunisien avec Microsoft : Le mal inévitable ? (1/3)

Contrat Gouvernement tunisien avec Microsoft : Le mal inévitable ?

L’annonce récente de la présidence du gouvernement concernant des pourparlers pour l’acquisition de milliers de licences Windows/Microsoft Office a provoqué l’ire de la communauté du Web (lire notre article). Les raisons de l’antipathie envers la firme de Redmond sont nombreuses : allant de sa nature anti open source jusqu’aux soupçons concernant son implication dans la censure sous Zaba. D’autant plus qu’en cette période de crise, l’Etat n’est pas appelé à dépenser des millions de dinars quand des solutions Open Source et gratuites peuvent faire l’affaire.

Contrat Gouvernement tunisien avec Microsoft : Le mal inévitable ? L’annonce récente de la présidence du gouvernement concernant des pourparlers pour l’acquisition de milliers de licence Windows/Microsoft Office a provoqué l’ire de la communauté du Web (lire notre article). Les raisons de l’antipathie envers la firme de Redmond sont nombreuses : allant de sa nature anti open source jusqu’aux soupçons concernant son implication dans la censure sous Zaba. D’autant plus qu’en cette période de crise, l’Etat n’est pas appelé à dépenser des millions de dinars quand des solutions Open Source et gratuites peuvent faire l’affaire. C’est donc pour parler de ce sujet assez délicat que nous avons interviewé Sofiene Hemissi, responsable du dossier Microsoft au sein du ministère des Technologies de l’information et de la communication.

Un projet qui remonte à 4 mois 

Qui dit contrat à signer dit période de négociations. Et celui qui relie Microsoft au ministère a été initié depuis 4 mois. «En mai 2013, nous avons commencé les négociations avec Microsoft», a déclaré M. Hemissi. «Les négociations concernaient surtout le renouvellement des licences des produits Microsoft du parc informatique de l’Etat, à savoir Windows et la suite bureautique Office». Estimations ? «15 400 licences exactement». 

On est bien loin donc des 70 mille licences avancés par certains médias. La raison de cet amalgame réside dans le fait des estimations faites à la volée par plusieurs parties, dont Microsoft elle-même. Ce chiffre, avancé au début, a été fortement revu à la baisse, suite à des calculs basés sur les grandes applications dont dispose l’Etat, ainsi que les licences déjà acquises. «Des 70 mille estimées au début, on en est arrivé à environ 17 mille», rajoute M. Hemissi. «Et les négociations ne se sont pas arrêtées jusque-là. En effet, le géant de l’informatique a voulu inclure le service SA, Software Assurance».

Un coût énorme

Peine perdue, le service n’a pas été retenu. «Nous avons également réduit les licences Office. En effet, seules 30% des machines équipées de licences Windows seront équipées de la suite bureautique de Microsoft». Le gouvernement compte en effet miser sur l’Open Office, une suite bureautique gratuite et au même niveau que le Microsoft Office.

Mais toutes ces licences doivent avoir un coût. «Les anciennes licences nous ont coûté 170$ l’unité par an. Pour ce prix, nous avons droit à une licence Windows Enterprise, une licence Office Enterprise et quelques autres services», a-t-il expliqué. Sachant que le nombre initial de licences, fixé à 12 mille en 2008, avait augmenté de 10% pour atteindre 17 569 en 2013. On peut s’imaginer, donc, le prix faramineux payé jusqu’à maintenant.

Une décision unilatérale ?

La réaction de la communauté IT tunisienne, et celle de la communauté Open Source plus précisément, a été particulièrement virulente à l’annonce de cet accord. On en est même arrivés à accuser le gouvernement d’avoir pris la décision d’une façon unilatérale, faisant fi des efforts de tout un groupe pour instaurer l’Open dans notre administration et réduire la charge sur le contribuable. «Faux», nous répond M. Hemissi. «Avant de prendre une telle décision, en plus des ministères concernés (NDLR : Intérieur, Justice, Patrimoine de l’état et Investissement), nous avons invité l’Association Professionnelle de l’Open Source à des réunions pour avoir leurs avis concernant le sujet». Des avis qui n’ont néanmoins pas empêché de faire avancer les négociations avec Microsoft. L’une des raisons à cela : l’importance de l’utilisation des produits Microsoft. «Plus de 94% de nos machines, et 70% de nos serveurs fonctionnent sous Windows, selon un recensement fait en 2010», a rajouté M. Hemissi qui par la suite a présenté des chiffres tirés du site Desktop Share, où il est démontré que plus de 95.88% des machines tunisiennes sont sous Windows, 3.09% sous Mac OS contre seulement 1.03% sous Linux. A suivre.

Majdi Calboussi avec la participation de Seif Eddine Akkari

A lire également :

Tunisie : Précisions du gouvernement à propos des négociations avec Microsoft

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