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Cybercriminalité: «Le ministère de l’Intérieur derrière le blocage du projet de loi»

Titulaire d’un master en Télécommunications et d’un doctorat en mathématiques, Anouar Maarouf a occupé, après la révolution de 2011, plusieurs postes administratifs et politiques avant sa nomination en 2016, en tant que ministre des Technologies de la communication et de l’Economie numérique sous le gouvernement de Youssef Chahed.

Depuis, il a géré, tant bien que mal, certains projets dans le cadre de la stratégie que son ministère a contribué à mettre en place pour le développement socio-économique de la Tunisie à travers les TIC. Son ministère a du, en effet, faire face à une grande réticence au changement de par la transformation radicale que devaient engendrer les projets élaborés.

Cette réticence s’est quand-même dissipée permettant ainsi de voir fleurir des réalisations spectaculaires dans une Tunisie déchirée par les conflits politiques et les divergences des cultures entre des mentalités conservatrices et protectionnistes du déjà-existant et d’autres ouvertes à la promesse d’un monde meilleur régi par une évolution rapide des technologies.

Le Startup Act demeure, sans doute, le projet phare que le ministère des TIC a défendu bec et ongles, mais il n’est qu’un parmi tant d’autres.

La GEC donne prochainement ses fruits. Il s’agit du déploiement d’une plateforme informatisée pour l’organisation et la gestion des courriers physiques au sein et entre les ministères. De quoi redonner vie à l’administration tunisienne – archaïque, jusqu’à ce jour, et obstacle majeur au développement de certains secteurs d’activité.

«D’ici à la fin de 2019, tous les ministères auront déployé cette plateforme pour un go officiel au début de l’année prochaine. Puis, à partir de 2020, nous travaillerons sur la numérisation d’autres processus, notamment la dématérialisation des demandes de congés», a annoncé, le ministre des Technologies de la communication et de l’Economie numérique, Anouar Maarouf lors de son intervention au 115eépisode de DigiClub powered by Topnet.

«Pour mener à terme ce projet, nous avons dû nager à contre-courant mais ceux qui ont manifesté une réticence sont, eux-mêmes, devenus porteurs du changement», a-t-il affirmé.

Outre la GEC, le ministère a conclu, dernièrement, le projet relatif à la stratégie nationale de sécurité cybernétique. De quoi achever l’année 2019 – et peut-être le mandat de Anouar Maarouf – sur une note positive.

Publiée récemment, cette stratégie vise, selon le ministre des TIC, à rétablir la confiance en l’économie du pays à l’échelle internationale et ainsi attirer de nouveaux investissements étrangers.

« L’absence de cette stratégie nationale et la faiblesse du cadre juridique relatif à la lutte contre la cybercriminalité ont contribué à la chute de la Tunisie dans le classement de cybersécurité (Global Cybersecurity Index de l’Union Internationale des Télécommunications) passant ainsi de 40à 76e », a signalé Anouar Maarouf.

L’Etat tunisien et les ministères de tutelles concernés par la protection de la souveraineté du pays et de son espace cybernétique vont devoir, à ce titre, allouer des budgets pour mettre en application la stratégie nationale de sécurité cybernétique.

« C’est une question de sécurité nationale, nous avons donc même pensé à la création d’une armée cybernétique contre les attaques et menaces dont les Etats peuvent être victimes. En Tunisie, nous en avons fait l’expérience pendant les dernières élections. Des milliers de pages ont été créées pour essayer d’influencer les électeurs et les résultats du suffrage », a noté le ministre des TIC.

En ce qui concerne les textes de loi relatifs à la lutte contre les crimes cybernétiques, Anouar Maarouf a révélé que le projet, pourtant approuvé par le Conseil des ministres, stagnait à cause de l’obstination du ministère de l’Intérieur souhaitant avoir l’exclusivité sur les recours en justice.

« Ce projet de loi a été lancé en 2014 et à mon arrivée au ministère j’ai renforcé les équipes qui travaillaient dessus au vu de l’urgence mais après son approbation par le Conseil des ministres, le projet n’a pu être passé à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) en raison du blocage au niveau du ministère de l’Intérieur. Nous avons, alors, proposé que la désignation de l’instance en mesure de mener les recours se fasse par un juge mais les négociations avec le MI n’ont rien donné. C’est pourquoi, nous nous tournons vers le Conseil de sécurité nationale afin qu’il tranche sur la question au cours de ses prochaines réunions », a expliqué Anour Maarouf.

Outre ces projets, le ministère des TIC a aussi, durement, travaillé sur le Code du numérique. Ce projet de loi vient remplacer le Code des télécommunications et apporter son lot de réformes (lire notre article “Rencontre avec le ministre des TIC : ce qui change avec le Code du numérique“).

L’interview au complet est disponible sur SoundCloud.

Nadya Jennene

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