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Ericsson Day Tunisie 2022: la Tunisie est-elle en retard sur le lancement de la 5G?

Ericsson Tunisie a organisé, mardi, son Ericsson Day sous le thème : « La 5G, levier de compétitivité et de développement durable pour la Tunisie ». La cinquième génération des réseaux mobiles a été présentée comme étant une chance au développement durable et à la redynamisation de l’économie locale.  Son lancement tarde toujours, bien qu’en Tunisie cette technologie ait été relativement épargnée du débat sur les risques infondés de la 5G sur l’environnement et la santé.

Une étude sur l’opportunité et les modalités technico-économiques d’introduction de la 5G dans le pays a été initiée en 2019 par le régulateur ; l’Instance nationale des télécommunications (INT). Les premiers tests n’ont été réalisés qu’en décembre 2020, mais aucun réseau 5G n’est actuellement opérationnel.

Les tractations entre l’Etat et les différents acteurs du secteur, les opérateurs notamment, sont encore en cours. Certains points devraient être rediscutés, selon le directeur de l’Ingénierie réseau chez Ooredoo Tunisie, Néjib Saghrouni. Intervenant dans le panel consacré aux préparatifs à la 5G, il a laissé entendre qu’il existait encore des disparités sur le modèle de licence (pour le lancement de la 4G en 2016, Tunisie Telecom, Ooredoo Tunisie et Orange Tunisie ont, rappelons-le, dû payer, respectivement, 155.1 millions de dinars, 160 millions de dinars et 156.3 millions de dinars pour l’obtention de la licence dont le prix avait été, alors, fixé par le ministère des Télécommunications à 155 millions de dinars), le cadre légal,  et l’utilisation de la bande 700 pour le lancement de la 5G.

Cette bande – avec la 3.5 GHz – demeure, en effet, d’une importance majeure pour le lancement de la 5G. Sa libération pour la 5G – ce qui est déjà le cas, d’après l’Agence nationale des fréquences –  est une nécessité surtout que les opérateurs – Ooredoo Tunisie et Orange Tunisie – considèrent prioritaire pour le déploiement, en première phase, de la cinquième génération des réseaux mobiles.

L’Association des opérateurs mobiles appuie cet avis. En réponse à la consultation nationale lancée par le régulateur sur les cas d’usage de la 5G à adopter en Tunisie, la GSMA a noté la nécessité d’octroyer des blocs contigus de 100 MHz par opérateur dans les bandes moyennes pour que ceux-ci puissent libérer tout le potentiel de 5G. Elle estime que d’ici 2023 les équipements 5G dans certaines bandes basses et moyennes tels que 700 MHz et (3,3-3,8 GHz) vont arriver à la maturité et les coûts des équipements seront bien acceptables. D’ailleurs, elle prévoie que, pour la Tunisie, le déploiement principal de la 5G utilisera la 700 MHz et les 3,3-3,8 GHz. Les bandes millimétriques seront, elles, utilisées pour fournir des hotspots dans les zones où une grande capacité est requise.

Selon la GSMA, les bandes du dividende numérique renvoient aux fréquences dans les bandes 700 MHz et/ou 800 MHz qui possèdent des caractéristiques de propagation les rendant compatibles d’une couverture réseau plus entendue, ce qui peut aider à connecter ceux qui ne le sont pas.

Outre la question des fréquences à utiliser pour le déploiement de la 5G, le directeur de l’Ingénierie réseau chez Ooredoo Tunisie a évoqué la pertinence des applications de la 5G à adopter surtout que les investissements qui seront alloués à ce projet sont estimés lourds pour les opérateurs.

Néjib Saghrouni a laissé entendre qu’il faudrait bien étudier les cas d’usage adaptés à la Tunisie expliquant, qu’en termes de déploiement, il reste beaucoup à faire sur la partie transport, radio et fibre, mais aussi sur la readiness à la 5G et le cœur de réseau.

Or, Ooredoo Tunisie semble avoir bien avancé sur la question du déploiement de la 5G. Interrogé sur les préparatifs le responsable a surtout souligné que les équipements dont dispose l’opérateur étaient prêts. L’opérateur mise, en effet, sur la flexibilité des équipements qu’il s’est procurés car ceux-ci permettre la migration d’une technologie vers une autre. Il a ajouté, par ailleurs, que Ooredoo s’était engagé dans plusieurs partenariats avec des startups et collaborait avec celles-ci sur des projets de transformation digitale et de E-Health, entre autres, pour dynamiser l’ensemble de l’écosystème.

Tunisie Telecom œuvre, lui, au déploiement de la fibre optique, ce réseau fixe étant nécessaire au lancement de la 5e génération des réseaux mobiles. La cohabitation de ces deux technologies permettrait, en effet, de profiter du très haut débit tant à l’intérieur, grâce à la fibre optique, qu’à l’extérieur grâce à la 5G. L’opérateur considère, d’ailleurs, la fibre optique comme le socle de la 5G sur la partie backhaule.

Commentant le sujet, la directrice de la Planification et de l’Ingénierie radio chez Tunisie Telecom, Sihem Tajouri, a indiqué que Tunisie Telecom avait déployé plus de 30.000 kilomètres de fibre optique dont 145 kilomètres récemment dans le sud du pays. Selon la responsable sans fibre optique, il sera difficile de transporter la quantité massive de données qui sera générée par l’utilisation de la 5G.

Tout comme son confrère de Ooredoo Tunisie, Mme Tajouri a relevé la persistance de quelques défis. « La 5G va nécessiter de lourds investissements et ses business models ne sont pas encore matures. Pour réussir le challenge, nous considérons que les préparations à la 5G et la readiness sont des facteurs clés », a-t-elle expliqué.

En prévision du déploiement de la 5G, les trois opérateurs ont, rappelons-le, effectués plusieurs tests durant une année entre 2020 et 2021 en collaboration avec l’Agence nationale des fréquences (ANF). Celle-ci avec le ministère des Technologies de la communication a offert l’opportunité aux opérateurs de faire un projet pilote pour lancer et faire des essais sur la 5G en mettant à leur disposition des quantités de spectres sur les bandes 3.5 GHz et 700 MHz, selon la directrice générale de l’ANF, Olfa Jammali.

Interpellée sur les bandes libérées pour l’utilisation de la 5G en Tunisie, Mme Jammali a souligné que la Tunisie avait pris l’initiative, à l’échelle régionale, de libérer les 3600 et 3800 MHz. Pour ce qui est de la bande 700 MHz, la responsable a avoué que la libération d’une partie du spectre sur cette bande était encore en chantier. « 30 mégas sur cette bande sont déjà libres. Il reste encore 10 mégas sous arbitrage », a-t-elle déclaré.

L’ensemble des interventions sont disponibles en vidéo sur notre chaîne Youtube.

Nadya Jennene

 

 

 

 

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