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Forum de l’ATUGE: Le monopole de l’Etat et la peur du risque, deux facteurs qui tuent l’innovation

Forum de l’ATUGE : Le monopole de l’Etat et la peur du risque sont deux facteurs qui tuent l’innovation

Le Forum de l’ATUGE organisé samedi dernier à Paris a jeté la lumière sur l’expansion des startups tunisiennes dans le marché africain. Dans la première partie du débat (lire notre article), les invités du panel sont donc partis du simple constat que l’on ne peut discuter de la capacité des startups tunisiennes à dominer le marché africain sans pour autant faire ses preuves sur le marché local. Et c’est dans ce sens que la question de la capacité de l’écosystème tunisien à produire des champions nationaux a été soulevée.

Forum de l’ATUGE : Le monopole de l’Etat et la peur du risque sont deux facteurs qui tuent l’innovation Le Forum de l’ATUGE organisé samedi dernier à Paris a jeté la lumière sur l’expansion des startups tunisiennes dans le marché africain. Dans la première partie du débat (lire notre article), les invités du panel sont donc partis du simple constat que l’on ne peut discuter de la capacité des startups tunisiennes à dominer le marché africain sans pour autant faire ses preuves sur le marché local. Et c’est dans ce sens que la question de la capacité de l’écosystème tunisien à produire des champions nationaux a été soulevée. 

Pour Amine Chouaieb, de la startup tunisienne Chifco, ce n’est pas un problème d’accès aux investissements et aux fonds puisqu’ils existent déjà en Tunisie. Pour lui, il faut qu’un certain sens de  leadership entrepreneurial se développe dans la scène économique pour pouvoir réussir à l’international. C’est une culture de prise de risque qui doit régner auprès des jeunes pour qu’ils fassent leurs premiers pas dans la rupture technologique.

Le CEO de Chifco est revenu sur le non achèvement de plusieurs projets de startups. «La ténacité est une qualité que nos entrepreneurs doivent avoir. Ils doivent poursuivre leur rêve jusqu’au bout. L’entrepreneuriat est la capacité de livrer des solutions, pas seulement de les concevoir», a-t-il martelé.

Karim Ahrès, le président d’Infotica (Utica), a pour sa part tenu un discours très rassurant : «Des entreprises tunisiennes qui ont réussi en Afrique ? Oui, on en dispose et rien n’empêche les startups innovantes de suivre leur exemple». 

Dans ce sens il a cité l’exemple de la SIBTEL, la société interbancaire de télé compensation. Cette société n’est autre qu’une société fondée par la banque Centrale, des banques privées et Tunisie Télécom. Son mode de gouvernance qui implique tous ces fondateurs à tour de rôle pour la présidence de sa direction générale a fait d’elle un vrai exemple de réussite. La SIBTEL aujourd’hui est la référence africaine dans la gestion des échanges sécurisés entre les banques.  Un exemple qui doit se reproduire dans d’autres secteurs et c’est ainsi que Karim Ahres voit le futur des startups tunisiennes en Afrique. Former des consortiums, des partenariats, coopérer, capitaliser sur les forces des unes et mutualiser les ressources pour réussir son introduction à un nouveau marché.

Et c’est sur ce même point que Abir Attia, Senior Investment Partner à Africinvest, n’a cessé de le rappeler. «En prenant une participation en capital dans ces startups, nous n’apportons pas seulement une valeur financière, mais tout notre réseau et nos partenaires qui faciliteront la mission aux entrepreneurs», a-t-elle rajouté.

Quant à Welid Mathlouthi venu spécialement de Google, il a pointé du doigt la situation de quasi-monopole que nous vivons en Tunisie dans plusieurs secteurs. Or c’est ce manque de compétitivité qui étouffe l’innovation à l’échelle locale, d’après ses dires.

Loin des problèmes qui pourront se poser, l’idée des startups «Copycat» a été longuement débattue lors de ce forum. Le Copycat, c’est le fait de copier un business modèle qui a marché ailleurs, de l’adapter aux spécificités locales et de le lancer. C’est ce que le réseau social français Viadéo en copiant LinkedIn, le réseau social professionnel et de networking Business. 

Mais pour Welid Mathlouthi ce modèle n’est pas idoine pour réussir. Car selon lui, le contexte africain est très particulier en termes de besoin et ce n’est pas toujours évident de réussir un concept copié de l’Europe ou de l’Amérique. Il a ainsi cité l’exemple du paiement mobile. Ce secteur est développé en Afrique comme nulle part ailleurs. Le fait que les citoyens ne soient pas bancarisées, le besoin de faire des transactions via le mobile a donc permis, grâce aux opérateurs en Afrique, de déployer des solutions Mobile Money très populaire. A titre d’exemple, on parle de 7 millions de dollars de transactions qui se font quotidiennement en Côte d’Ivoire sur le mobile via code USSD. C’est dire combien l’importance du mobile dans le quotidien des ivoiriens dont l’accès aux téléphones entrée de gamme reste quand même tributaire du prix du terminal. Chose qui est clairement loin d’être le souci des pays européens où l’accès au haut de gamme est plus facile qu’en Afrique. 

Rappelons que le sujet de l’expansion des startups tunisiennes en Afrique prend de plus en plus d’ampleur sur la scène associative et politique tunisienne. En effet, il y’a moins de deux semaines,  une association qui s’appelle Tunisia Africa Business Council a vu le jour. Cette association définit sa mission dans la création d’une plateforme et d’un réseau d’entrepreneurs tunisiens intéressés pour s’ouvrir et se développer en Afrique. Et cette association compte parmi ses membres des personnes influentes dans la scène entrepreneuriale tunisienne à savoir Mondher Khanfir, PDG de Wiki Startup et Maher Kallel président de Carthage Business Angels.

Notons au final que se déroule dès aujourd’hui mardi 2 juin le sommet tuniso-ivoirien à Gammart en marge du Sommet de l’Internet Africain. Un événement qui vise à renforcer les échanges bilatéraux, surtout en matière de TIC, entre les deux pays.

Marwen Dhemaied

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