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FOTunis : Ben Ali a dépensé 5 millions de dinars pour censurer le Net tunisien en 2010

FOTunis : Ben Ali a dépensé 5 millions de dinars pour censurer le Net tunisien en 2010

Dans le cadre des préparatifs à la 3ème édition de la Freedom Online Conference, une journée dédiée aux Workshops de la société civile a été organisée à l’hôtel Sheraton à Tunis, dimanche 16 juin. L’un d’eux a été consacré au Live Blogging. Plusieurs Internautes tunisiens sont venus parler de leurs expériences personnelles durant les années de censure sous le règne de Ben Ali. Ils ont été invités par l’Association des Blogueurs Tunisiens (ABT). Une association fondée le 15 juin 2011.

FOTunis : Ben Ali a dépensé 5 millions de dinars pour censurer le Net tunisien en 2010Dans le cadre des préparatifs à la 3ème édition de la Freedom Online Conference, une journée dédiée aux Workshops de la société civile a été organisée à l’hôtel Sheraton à Tunis dimanche 16 juin. L’un d’eux a été consacré au Live Blogging. Plusieurs Internautes tunisiens sont venus parler de leurs expériences personnelles durant les années de censure sous le règne de Ben Ali. Ils ont été invités par l’Association des Blogueurs Tunisiens (ABT). Une association fondée le 15 juin 2011.

Dans son mot de bienvenue, Abdelkrim Ben Abdallah, membre de l’ABT, a donné un bref aperçu de l’association et de ses activités sur le plan social avant de passer la parole à d’autres jeunes actifs sur les réseaux sociaux et la blogosphère. Lors de son intervention, Wael Ghbara, jeune dentiste actif sur Internet et appartenant à la communauté «Wikipédia», a épinglé les utilisateurs qui ne respectent pas les droits d’auteur. «Chaque internaute doit mentionner la source des informations qu’il publie par la suite sur son blog, site Web ou même sur son profil facebook/twitter», martèle-t-il. «Il ne faut pas non plus modifier le contenu sans l’autorisation préalable du propriétaire». 

Chiheb Nasr, blogueur originaire de Douz, a parlé de son opération anti-corruption lancée sous Ben Ali. Il a, en effet, créé son blog en 2006 où il décrivait la vie quotidienne des habitants de sa vile. C’était une tentative de sa part pour attirer l’attention des autorités locales sur la situation sociale détériorée dans cette région du sud tunisien. Son but ultime ? Lancer une campagne nationale contre la corruption. Ce mal qui ronge tout le pays, et dont les zones intérieures de la Tunisie sont victimes. Pour ce faire, il avait compté, à l’époque, sur la collaboration d’autres blogueurs comme Slim Amamou, Lina Ben Mhenni ou encore Fatma Riahi. 

FOTunis : Ben Ali a dépensé 5 millions de dinars pour censurer le Net tunisien en 2010

Parmi les interventions les plus marquantes, celle de Khaled, jeune blogueur qui a filmé, en fin de règne de Ben Ali, un documentaire sur le crash d’un avion tunisien dans les eaux italiennes. Une affaire qui l’a poussé, en 2005 à tenter de déchiffrer l’énigme qui entourait cet accident. Son travail a été publié en 2007 sur la Toile après le verdict prononcé par le tribunal italien qui avait écroué le copilote tunisien et l’avait condamné à 10 ans de prison. Mais ce documentaire a été censuré après avoir réalisé 2500 téléchargements et plus de 2000 partages. 

Zied Ben Amor, professeur à l’université de Sousse a, pour sa part, fait l’apologie du militantisme syndical dans les universités. «C’est là que commence la démocratie», a-t-il remarqué. Il s’est par la suite rappelé de plusieurs affaires où des blogueurs se sont vu privés de leur droit à la parole rien que pour avoir dénoncé des aberrations. A l’instar du blog «warakat tounssia» et l’affaire de Hakim Ghanmi qui a été inculpé par le tribunal rien que pour avoir écrit un reportage sur l’hôpital militaire de Gabès.

FOTunis : Ben Ali a dépensé 5 millions de dinars pour censurer le Net tunisien en 2010

Ces révélations ont ravivé l’émotion de cette époque noire. Les organisateurs se sont alors empressés de changer de sujet en invitant les présents à une séance «Bil Express». Un concept qui ressemble au TedX mais qui ne nécessite pas de licence comme c’est le cas pour le TED.

Après les démons du passé, place aux démons du présent. C’est ainsi que Kaouther Zouari a pris le micro pour parler de l’affaire Jabeur Mejri. Ce jeune internaute qui s’est vu condamné, en mars 2012, à 7 ans de prison pour «blasphème» sur facebook. Une autre victime de ce système judicaire à double vitesse : Weld El 15. Condamné la semaine dernière à deux ans de prison pour un clip de Rap. «Jackboss» un jeune rappeur tunisien, est monté sur scène pour exprimer son entier soutien à Weld El 15 et a lancé une charge contre la classe gouvernante. «Les jeunes aujourd’hui se sentent marginalisés, voire même méprisés par le gouvernement», s’est-il indigné.

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Moez Chakchouk, PDG de l’Agence Tunisienne d’Internet (ATI), a pour sa part parlé d’un futur projet qui fera appel aux hackers tunisiens pour détecter les failles sur les sites sensibles. Mais il ne faut pas se leurrer, ce n’est pas demain la veille que ce type d’audit se fera. La collaboration entre l’ATI et la société civile est un long chemin qui doit prendre forme avec le temps. 

M. Chakchouk a par la suite parlé de cybersurveillance. Elle est, certes, nécessaire pour la sécurité informatique de nos réseaux, mais elle ne doit pas, non plus, être intrusive. Elle doit respecter les libertés. Et pour les cas de diffamation, le PDG de l’ATI préconise la voie du dialogue au lieu des poursuites judiciaires. «Après tout, on peut changer de serveur et d’IP pour contourner la censure. Internet c’est ouvert et il est difficile de le fermer», fait-il remarquer. C’est ainsi que 5 millions de dinars ont été dépensés en 2010 par Ben Ali pour censurer le Web. L’argent des contribuables jeté par la fenêtre à en juger par les résultats puisque Ben Ali a fini par tomber à cause, entre autre, d’Internet. Et son ancienne villa où il hébergeait son matériel de censure, est maintenant ouverte au public

Arwa Jouini

Crédit Photo : Mourad Bouzayani

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