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Karim Ahres (Infotica) : «La machine du e-business en Tunisie commence à se mettre en route»

Karim Ahres (Infotica) : «La machine du e-business en Tunisie commence à se mettre en route»

Durant le forum annuel de l’Atuge qui s’est déroulé le 30 Mai dernier à Paris (lire notre couverture), nous avons rencontré Karim Ahres, président de l’Infotica qui est la chambre syndicale des entreprises TIC en Tunisie (rattachée au patronat tunisien l’UTICA). Nous lui avons posé plusieurs questions relatives aux défis auxquels doit faire face l’écosystème TIC tunisien. Des défis où se confrontent l’ambition et la (dure) réalité du terrain. Connu pour son franc-parler, Karim Ahres n’hésite pas à dire les 4 vérités à n’importe qui, même si c’est un ministre ou un Chef du gouvernement quand leurs efforts sont en deçà par rapport à ce qu’ils peuvent apporter au secteur et au pays. Il était, donc, intéressant pour nous d’avoir son avis sur le secteur IT en Tunisie après les 100 jours de Nooman Fehri, ministre des TIC et de l’Economie numérique. Interview.

Karim Ahres (Infotica) : «La machine du e-business en Tunisie commence à se mettre en route»Durant le forum annuel de l’Atuge qui s’est déroulé le 30 mai dernier à Paris (lire notre couverture), nous avons rencontré Karim Ahres, président de l’Infotica qui est la chambre syndicale des entreprises TIC en Tunisie (rattachée au patronat tunisien l’UTICA). Nous lui avons posé plusieurs questions relatives aux défis auxquels doit faire face l’écosystème TIC tunisien. Des défis où se confrontent l’ambition et la (dure) réalité du terrain. Connu pour son franc-parler, Karim Ahres n’hésite pas à dire les 4 vérités à n’importe qui, même si c’est un ministre ou un Chef du gouvernement quand leurs efforts sont en deçà par rapport à ce qu’ils peuvent apporter au secteur et au pays. Il était, donc, intéressant pour nous d’avoir son avis sur le secteur IT en Tunisie après les 100 jours de Nooman Fehri, ministre des TIC et de l’Economie numérique. Interview.

THD : Comment évaluez vous le bilan des 100 jours du ministère des TIC et de Nooman Fehri ?

Karim Ahres : Je dirais que même si les annonces n’étaient pas à la hauteur de nos attentes, la première réunion du conseil stratégique de l’économie numérique sous la présidence du Chef de gouvernement est en soi un grand pas entrepris par le ministère. La mise en place de ce mode de gouvernance multi-acteurs est, en effet, garant de l’achèvement des projets dont on a longuement discuté sans les voir fructifier.

Quels sont les projets qui dépendent de ce Conseil Stratégique ?

Ce sont des projets mobilisateurs qui permettront de concrétiser la vision de Tunisie Digitale qu’on conçue aux séminaires de Tabarka 2013 et de Korba 2014. Ce sont aussi les projets dont l’Infotica n’a jamais cessé d’appeler à les lancer avec une volonté politique ferme. On citera parmi ces projets les services e-citoyen, ou encore le Cloud National. Mais aussi le grand chantier de la e-éducation ou de la valorisation numérique du patrimoine culturel. 

Karim Ahres

Karim Ahres

En parlant de Cloud National, quelle envergure doit prendre un tel projet ?

Le Cloud National est la pierre angulaire du projet Tunisie Digitale. La vision qu’on a construit autour de ce projet dépasse la simple fonction d’hébergement des données publiques. Mieux encore : nous pensons à permettre aux jeunes développeurs et aux startups de souscrire à des offres de Platform as a Service, où ils mettront leur applications ou logiciels sur ce Cloud National. L’idée est de simplifier les tâches de communication et de marketing pour les développeurs et de les permettre de gagner du temps en se focalisant sur leurs produits au lieu de leur commercialisation. Les démarches marketing deviennent ainsi moins compliquées quand les applications sont sur un Cloud fédérateur où tous les citoyens s’y rendent pour consommer des services en ligne. C’est donc une sorte de place de marché sur le Web des applis mobiles. De ce fait, un modèle de partage de revenu sera mis en place pour en faire une place de marché consistante en termes de contenu et d’applications à forte valeur ajoutée pour le consommateur.

Vous avez évoqué la e-éducation comme axe stratégique prioritaire. Mais beaucoup pensent que ce projet sera couteux pour l’Etat, et donc, pour le contribuable.

La e-éducation est un axe stratégique auquel nous devrons mettre tous les moyens pour réussir son plan d’exécution. Nous avons accompagné récemment le Chef du gouvernement dans une visite officielle au Portugal. On nous a montré comment les recettes des ventes des licences 3G au Portugal ont permis de financer l’équipement des classes du secondaire et du primaire par des ordinateurs, tableaux interactifs, etc. et les rendre interconnectés. Le Portugal est aujourd’hui 3ème en Europe en termes d’intégration des TIC dans l’éducation. Ceci est un excellent modèle d’inspiration pour le cas tunisien. Avec le prochain passage à la 4G, l’Etat tunisien pourra, donc, financer l’acquisition des tablettes pour les élèves. Et les opérateurs généreront ensuite du trafic grâce aux contenus qui y seront consommés ultérieurement. La moralité de l’histoire est que nous pourrons trouver un modèle qui puisse être au delà des attentes de tous les acteurs.

Que pourriez vous nous dire sur l’avancement des projets Tunisie Digitale ?

Nous avons des signaux très positifs. Comme vous savez, sans la démocratisation du paiement mobile en Tunisie nous ne pourrons pas aller loin dans le e-business. Et la bonne nouvelle est que la banque centrale sortira prochainement un appel d’offre pour un switch national qui assurera l’interopérabilité des transactions financières via mobile. C’est un projet initié par l’association Kawtar et qui est soutenu par la banque mondiale. Ainsi, cette première brique essentielle au développement du numérique en Tunisie sera assurée et plusieurs autres briques seront montées dessus.

Quelle sera, selon vous, la condition sine qua non pour le développement numérique en Tunisie ?

C’est tout simple. Il faut que les acteurs de l’écosystème comprennent qu’ils ne pourront pas le faire tout seuls. Il faut encourager et pousser la création de consortiums. C’est en fixant des objectifs communs que les membres de ces consortiums pourront conjuguer leurs expertises pour les atteindre. Quant au mode de gouvernance, il ne faut pas néanmoins aller le chercher ailleurs. Nous avons des preuves de réussite de ce modèle et il s’agit bien d’un exemple comme la Sibtel. La société de télécompensation bancaire qui est devenue une référence africaine dans son domaine. Il s’agit bien d’un modèle à faire émerger autour d’autres secteurs pour renforcer la création de valeur et mutualiser les ressources. 

Finalement, si on revient au sujet du forum, comment voyez-vous la Tunisie digitale en 2030 ?

Je dirais simplement : La Tunisie fournisseur d’énergie numérique propre et sécurisé.

Propos recueillis par notre envoyé spécial à Paris, Marwen Dhemaied

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