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Khadija Hammouda Gheriani défend son bilan quand elle était à la tête de Tunisie Telecom et l’ATI

Khadija Hammouda Ghariani est une des figures imminentes du secteur des télécoms en Tunisie. Après des études à Télécom Paris, elle a occupé plusieurs postes de responsabilité au sein de différentes structures publiques tunisiennes et organisations internationales, de l’Agence nationale de l’Internet à l’Arab Information and Communication Technologies Organization (Aicto) en passant par l’Agence nationales des fréquences (ANF) à l’opérateur historique, Tunisie Telecom, alors une entreprise 100% publique.

Invitée du 119e épisode de DigiClub powered by Topnet, elle a retracé son parcours professionnel et nous a parlé, en particulier, de l’époque du déploiement du mobile et de la fameuse machine de censure de Ben Ali, Ammar 404.

C’est en 2000 que Khadija Hammouda Ghariani a été nommée à la tête de Tunisie Telecom. Sa mission était, alors, gérer l’opérateur à l’heure du lancement du GSM et l’ouverture du secteur télécom au privé (entrée de Tunisiana à l’époque).

«C’était horrible pour un opérateur télécom de ne pas pouvoir déployer ses réseaux mais l’ingéniosité des ingénieurs nous a sauvée», a déclaré Khadija Hammouda Ghariani expliquant que l’opérateur prenait, des fois, trois ans pour acquérir de nouveaux équipements en raison de la lourdeur des procédures des marchés publics.

«Nous avions dû déplacer nos réseaux d’un site à un autre pour densifier certaines zones, notamment touristiques», a-t-elle ajouté.

Interrogée au sujet des présumées difficultés financières par lesquelles serait passé Tunisie Télécom alors qu’elle était à sa tête, Khadija Hammouda Ghariani a nié ces allégations assurant que l’opérateur disposait, à l’époque, de beaucoup de liquidité.

«Les puces mobiles se vendaient à 150 et 120 dinars. Nous avions des gens qui attendaient avec leurs chèques pour acheter le mobile. Nous étions riches et vous pouvez poser la question aux banques», a-t-elle certifié.

Avant d’intégrer Tunisie Telecom, Khadija Hammouda Ghariani, a fait un passage à l’Agence tunisienne d’Internet, la fameuse ATI que les cyber-activistes tunisiens avaient, vraisemblablement, accusé à tord d’avoir été dernière la machine de censure de Ben Ali, Ammar 404.

L’ATI a été créée, rappelons-le, en 1996 – deux ans avant la mise en place du Xe plan de développement économique incluant la modernisation de l’infrastructure telco – pour développer internet dans le pays.

Interpellée sur le contrôle de l’Internet sous le régime Ben Ali, elle a avancé que, pour un pays, contrôler son réseau qu’il s’agisse des télécoms classiques ou de l’Internet, relevait de la sécurité nationale.

«Chaque pays qui se respecte doit savoir ce qu’il se passe sur ses réseaux. C’était tout à fait normal qu’il y ait un contrôle. A l’ATI, nous étions en charge, en tant que professionnels, de déployer les équipements nécessaires. Ces équipements sont d’ailleurs achetés avec tout ce qu’il faut pour les contrôler. C’est comme ça que cela se passe dans le monde entier», a signalé Khadija Hammouda Ghariani.

«Nous utilisions les mêmes équipements déployés en France ou en Allemagne», a-t-elle ajouté.

Concernant la censure de certains sites internet, elle a révélé que la Tunisie, tout comme la France ou d’autres pays du monde, disposait d’un département technique dédié pour le contrôle. Ce département serait rattaché aux ministères de l’Intérieur et de la Défense, selon Khadija Hammouda Ghariani.

«L’ATI n’avait rien à voir avec la censure», a-t-elle souligné notant que l’Agence n’avait jamais subit de pression de la part de la présidence de la République, sous le régime de Ben Ali.

L’interview au complet est disponible sur SoundCloud.

Nadya Jennene 

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