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L’ATI subit de plus en plus de pressions pour censurer le Net en Tunisie

«Il n’y a pas que le combat pour la censure qui est important. Il y a aussi le combat pour la protection des données personnelles», a fait noter M. Moez Chakchouk, PDG de l’Agence Tunisienne d’Internet (ATI), lors de son intervention au TEDxENSI, le 15 janvier dernier, au campus de la Manouba. «C’est quelque chose de fondamental. Il y a beaucoup de Tunisiens qui s’exposent sur facebook (via les photos et numéro de téléphone par exemple, ndlr). Ce qui les expose à la diffamation. Et c’est cette diffamation qui provoque la censure».

Il rétorque : «Si seulement vous savez combien on a reçu des ordres (de censure, ndlr) à cause des plaintes de diffamation…».

Via son intervention, le PDG de l’ATI a défendu l’idée d’un nouveau modèle d’Internet. Il n’a pas manqué l’occasion pour rafraichir la mémoire des présents sur comment l’Internet tunisien était verrouillé à cause des restrictions imposées par le despote via l’Agence Tunisienne de Communication Extérieure (ATCE). Une agence de propagande qui a été dissoute après la chute du régime.

Il s’est alors rappelé, non sans douleur, de la fameuse photo de Slim Amamou devant le siège de l’ATI avec une pancarte portant le numéro 404, en clin d’œil à l’erreur ‘’404 Not Found’’ ou encore Ammar 404 (nom donné par les internautes au censeur) : «L’ATI comptait 70 personnes qui veillait au bon fonctionnement d’Internet. Mais avec cette image, tout leur travail a été réduit à la surveillance et censure d’internet en Tunisie».

Rappelons au passage que sous Ben Ali, le matériel de censure était hébergé chez l’ATI mais leur gestion se faisait à distance, directement depuis le palais, sous ordre du président Ben Ali et de ses deux bras droits (Ben Dhia et Abdewahab Abdallah).

M. Chakchouk a également regretté un certain relâchement de la société civile, et des internautes. Ces derniers qui, quelques mois plutôt, ont soutenu et défendu l’ATI dans son combat contre la décision de justice l’appelant à censurer le Web, ont, aujourd’hui, déserté le front, laissant l’agence et son PDG affronter seuls leurs détracteurs.

Et pour cause, les acquis sont trop fragiles en absence de restructuration profonde du secteur des télécoms. Revoir le code des télécoms est en effet le seul garant de la neutralité de l’ATI, et donc, du bon fonctionnement de l’Internet en Tunisie.

Sur un autre volet, M. Chakchouk a insisté sur le rôle important que jouent les pirates informatiques dans l’édification d’un Internet plus sûr. «Pourquoi doit-on payer des centaines de milliers de dinars à des experts en sécurité informatique, parfois venus de l’étranger et payés en devises, quand on a des pirates tunisiens qui peuvent nous aider à colmater les brèches ?», se demande-t-il.

Il a ainsi salué l’initiative du Hacker Space. Un think tank qui vise à améliorer l’Internet en Tunisie (dont la sécurité) et de défendre ses fondamentaux tels que la neutralité et la liberté.

Farouk Mezghich

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