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Les défenseurs du Libre en Tunisie, «plus faux-cul, tu meurs !»

Ben Ali avait-il ses mains dans la communauté Open source en Tunisie ? Assistons-nous à des coups bas de quelques membres de cette communauté pour s’octroyer des marchés en discréditant Microsoft ? Ou est-ce une tactique pour faire oublier sa veste de membre du RCD ? Un professeur universitaire donne son opinion : «Le Libre en Tunisie ? Ils s’en foutent tant qu’ils y trouvent leur compte».

«Ce que je pense de la communauté Open source en Tunisie ? C’est qu’elle est majoritairement composée d’opportunistes. Leur vision des avantages du Libre se limite seulement à leur nombril», nous a déclaré un professeur d’informatique et un fervent défenseur du Logiciel Libre. Visiblement remonté contre la communauté Open source en Tunisie, il rajoute : «L’esprit du Libre et le respect de la communauté? Ils (ne) les connaissent pas. Je dirais même qu’ils s’en foutent, tant qu’ils y trouvent leur compte».

«C’est hypocrite. Pendant que l’Open source prône le partage, l’entraide et l’accès libre à l’information (open Data, ndlr), d’autres, qui sont soit disant militants du Libre, sont là juste pour s’arracher un boulot ou un marché pour leur start-up. Bref, plus faux-cul tu meurs ! », poursuit-il sur un ton toujours aussi dur tout en affichant une grimace sur le visage en signe de dégout.

«Il suffit d’assister aux quelques réunions de la communauté pour voir qu’il y a un clivage. Ça saute aux yeux tellement il est flagrant. Il y a déjà cette guerre de lobbying qui se fait au sein de la communauté, celle qui oppose les pro-Ubuntu aux pro-Fedora (deux versions majeures du système d’exploitation Linux, ndlr). Et puis cette mauvaise gestion des financements qu’on peut avoir pour organiser des événements. Cela peut aller des dépenses inutiles jusqu’à la disparition pure et simple de sommes d’argents sans qu’il y ait une explication plausible».

Ben Ali avait ses mains aussi dans l’Open source

Notre interlocuteur a continué par la suite à raconter les aberrations qu’il a vues durant ses plusieurs réunions ou contact avec des membres de la communauté. «Une fois, j’étais carrément menacé par des “membres de la communauté” parce que je voulais établir des vérités». Quelles sont ces vérités ? Nous lui avons posé la question. La réponse fut énigmatique : «Je ne supporte pas qu’on déforme des dates et des faits dans le seul but est de cacher une facette d’ex-RCD (l’ex parti politique de Ben Ali, ndlr) corrompu et de se racheter une deuxième virginité».

Faut-il comprendre alors que le RCD avait aussi des mains dans l’Open source ? «Oui. Mais ce n’est pas une surprise en soi puisque le système de Ben Ali avait déjà ses yeux partout. C’était leur façon de tout contrôler et phagocyter tout projet qui pourrait déstabiliser le régime. Il y a des visages de l’Open source en Tunisie qui sont membres du RCD. Ils utilisaient cette carte pour gagner des marchés pour leur SSLL (appellations des sociétés d’ingénierie informatique spécialisées dans l’installation et l’édition des logiciels libres, ndlr), ou avoir un traitement de faveur, notamment auprès des administrations publiques».

«Par rébellion, je vais finir par soutenir Microsoft !»

Ce professeur universitaire a par la suite épinglé la surexcitation de quelques membres de la communauté sur la supposée relations de Microsoft avec l’ancien régime pour contrôler les cyberdissidents sur le Net. «Indépendamment du fait que ça soit un sujet de “Troll” (appellation sur Internet donnée aux messages sans intérêt, sans fondement ou qui alimentent un débat stérile sans arguments, ndlr), l’affaire de Microsoft a encore révélé le niveau d’hypocrisie qui règne chez la communauté Open source en Tunisie. Figurez-vous que des personnes ont tout fait pour enfler la polémique dans le but de discréditer encore plus Microsoft. Pourquoi ? Pour mieux vendre les services de leur SSLL.

D’ailleurs j’ai assisté à des discussions ou des “fervents défenseurs du Libre en Tunisie” comptaient sur le soutien de Slim Amamou (secrétaire d’Etat auprès du ministère des sports et de la jeunesse, ndlr) pour que les sociétés publiques délaissent Microsoft pour le compte de l’Open source.

Comme idée en soi, on ne peut que la saluer et la soutenir. Toutefois je ne peux cautionner que cette magouille soit orchestrée par un groupe de personnes qui cherche par cette action à se partager entre eux les marchés de l’Etat, tout en excluant les autres SSLL. Ils agissent exactement comme Microsoft, si ce n’est pire. Et pour cause, ils cachent leurs fins au nom de la liberté, de la révolution et du bien de la communauté.

Ca me dégoute tellement, que par moment je suis tenté de me rebeller en changeant de camp et d’encourager Microsoft et Apple. Pathétique !».

Majdi Mgaidia

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