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Les erreurs à éviter si on veut s’installer à Berlin et réussir sa carrière ou sa Startup

Après Paris, la deuxième destination la plus convoitée par les ingénieurs tunisiens est la capitale allemande, Berlin. Digiclub a rencontré deux compétences tunisiennes qui s’y sont installées depuis cinq ans. Du développement, Béchir Arfaoui et Khaled Garbaya se sont orientés vers le retail en ligne.

C’est en 2013 que Béchir Arfaoui, développeur mobile, a quitté la Tunisie pour la capitale européenne des startups. Après un stage rémunéré, il a réussi à décrocher son premier job et a pu ainsi se forger une expérience des plus pointues auprès des startups berlinoises. Souhaitant se challenger davantage, il a décidé de lancer sa propre entreprise. Ainsi, après une bonne période de réflexion, il a opté pour le e-commerce. Un domaine qui, selon les dires de Béchir, offre plusieurs opportunités en Allemagne de par la simplicité des procédures.

“Tout a commencé par un simple espace vendeur sur eBay. J’importais des accessoires de téléphonie depuis la Chine pour les revendre en Allemagne à travers cette plateforme de e-commerce. La création du matricule fiscale se fait en deux trois clics en ligne. De même pour le paiement des frais de douane”, explique Béchir.

Notre jeune ingénieur n’a même pas eu besoin de quitter son job pour s’occuper de son business. C’est le soir en rentrant chez lui qu’il règle les commandes de ses clients. Au bout d’un an, son projet lui a par ailleurs permis d’enregistrer des bénéfices de 30 à 35% sur son chiffre d’affaires (entre 200 et 500 mille euros).

Béchir ne s’est pas arrêté là. Il a continué à développer son business pour ensuite varier ses activités et plonger dans le monde du consulting. Il dispense d’ailleurs des formations (en Tunisie) et offre son savoir-faire aux jeunes porteurs d’idées qui souhaitent construire leurs projets dans le domaine du e-commerce.

Notre deuxième invité, Khaled Garbaya, a suivi le même itinéraire de Béchir. Voulant relancer sa carrière après une période de stagnation causée par la crise qui a frappé le secteur du digital en une Tunisie post-révolution, il a postulé pour un poste d’ingénieur développeur auprès d’une société à Berlin. Après quelques péripéties de demande de visa, il s’est envolé vers une nouvelle vie. Mais Berlin lui réservait quelques surprises. Trois ans après son embauche, la startup au sein de laquelle il travaillait l’a licencié avec des dizaines d’autres collaborateurs dans le cadre d’une opération de réduction d’effectifs. Son expertise et le réseau qu’il a pu se constituer lui ont ensuite permis de décrocher un autre job.

En 2017, Khaled a décidé de se laisser pousser des ailes en lançant son propre projet. Il a ainsi créé un site de e-commerce dédié à la vente des ustensiles de cuisine. Son entreprise lui permet aujourd’hui de faire des bénéficies de 20% sur son chiffre d’affaires (entre 25 à 35 mille euros).

Interrogé sur son intention de retourner en Tunisie, un jour, Khaled a été dubitatif. “Pour le moment, je ne compte pas retourner en Tunisie. Je me suis habitué au rythme de vie et à une certaines accessibilité en Allemagne que je ne peux retrouver en Tunisie. La paperasse est une grande problématique, contrairement à ce qui se passe en Allemagne où tout peut se faire en ligne par un simple retour de mail”, a indiqué Khaled.

Après cette rencontre enrichissante, Digiclub s’est rendu à Enpact. Notre interlocutrice, Alexandra Kovbasko, chargée du projet Startup Connect au sein d’Enpact, nous a présenté cette structure. “Enpact a été lancé il y a de ça quatre ans en tant qu’organisation à but non-lucratif. Sa mission est d’autonomiser des entrepreneurs dans les marchés émergents et les connecter à d’autres écosystèmes de startups. L’organisation dispense des programmes de mentoring pour des entrepreneurs en Moyen-Orient et en Afrique de l’est et de l’ouest en collaboration avec des mentors européennes et locaux”, a-t-elle déclaré avant de souligner que l’organisation offre aussi “un coworking space à Tunis, le Startup Haus”.

Questionnée sur les opportunités d’investissement pour les startupeurs tunisiens qui souhaitent se développer à l’international et notamment à Berlin, Alexandra a fait savoir que le marché allemand “n’est pas le plus facile à conquérir”. “La barrière linguistique demeure une grande problématique, notamment sur le volet bureaucratique où tout se fait encore en germanique. Avoir quelqu’un qui parle allemande est impératif”, a-t-elle expliqué.

Alexandra est également revenue sur les erreurs à éviter. Pour ceux qui tiennent à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale à Berlin, il est nécessaire, surtout, d’effectuer de bonnes recherches sur la disponibilité d’un marché pour le produit à commercialiser et les moyens de l’aborder, selon la directrice d’Enpact.

Alexandra a, par ailleurs, noté que la capitale allemande dispose d’une centaine de coworking spaces, une quarante d’incubateurs et accélérateurs et plus de trois mille business angels.

Plus de détails par ici.

Nadya Jennene

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