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«Tunisie Telecom va dans le mur et j’accuse les ressources humaines», déclare un directeur contractuel de TT

Après plus d’un mois de tension interne chez l’opérateur historique, les choses ne semblent pas vouloir s’arranger. Le point culminant du problème : l’affaire des 60 aines de directeurs et chefs de services contractuels et dont leur salaire est jugé “mirobolant”. Un de ces directeurs a pris contact avec nous pour donner son son de cloche sur cette affaire. Voilà donc son témoignage.

Ca bouillonne chez Tunisie Telecom. L’ambiance est plus que tendue. L’effet ‘’cocotte-minute’’ qui dure depuis 2007, a enfin explosé. Et c’est nous qui payons les pots cassés. J’ai ressenti ce malaise social dans cette entreprise depuis que j’y ai mis les pieds.

Je me rappelle une fois que l’ex PDG Montasser Ouali a voulu régulariser le dossier de ces contractuels et faire estomper les différences salariales. Il a voulu attaquer ce chantier dès sa prise de fonction. Mais il m’a déclaré que ce sont les autorités qui n’en ont pas voulu dans l’immédiat. Serais-ce justement le statut public de l’entreprise qui a mis un frein à ce chantier ? Après tout, régulariser la situation de ces contractuels demande aussi à ce que l’entreprise révise toute la grille salariale. Et par conséquent, c’est toutes les entreprises publiques qui devront emboîter le pas.

Mais Tunisie Telecom n’est pas Tunisiana ou encore moins Orange. Si le premier opérateur privé emploi dans les 1500 salariés, Tunisie Telecom, elle, emploi plus de 8500 personnes. Il est donc économiquement difficile à l’entreprise de relever le salaire de l’ensemble de ses employés. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle TT a entrepris un programme de départ anticipé et volontaire à la retraite. Là TT pourraient bien hausser sa grille salariale pour s’aligner sur ceux de la concurrence.

J’ai dis que c’est depuis 2007 que nous avons un malaise social au sein de l’entreprise. C’est à dire l’année où TT a fait appel aux premiers directeurs contractuels. Pendant ce temps, la direction RH a fait la sourde oreille. Pourtant le simple dialogue social aurait, peut-être, suffit d’éviter cette situation de dérive dans laquelle vit l’opérateur historique actuellement.

La fameuse politique de l’autruche. Oh quelle est bien appréciée cette autruche chez la direction générale. Bien qu’on sache très bien où se trouve le mal, mais on préfère tout de même baisser la tête, foncer toujours tout droit et faire comme si rien n’était. Est-ce ainsi que la société pourrait devenir aussi compétitive que ses concurrents?

Et c’est encore cette politique de l’autruche qui est en train de mener l’entreprise droit dans le mur.

Après la démission de Montasser Ouali, le DGA, Raouf Chkir a pris sa place. Or, M. Chkir est parmi les trois sièges qu’a nommé EITL, le partenaire émirati et actionnaire de 35% de TT. Le 9 février 2011 et à l’issu d’une longue réunion où les cris ont animé les négociations, le syndicat PTT a obtenu gain de cause. Le PDG par intérim a signé sous la menace de la terre brulée qu’a brandi le syndicat. Il commis une grave erreur. Non pas parce qu’il a accepté de signer, mais plutôt parce qu’il l’a fait sans concertation avec l’associé émirati de TT. Du coup le PV du 9 février est tout bonnement illégal.

M. Chkir a certainement réalisé par la suite son erreur. Il s’est rétracté le lendemain. Un peu tard. Le mal est fait.

Bien que ça puisse paraître bénéfique pour nous les contractuels, mais ce retour en arrière nous a causé encore plus de préjudice. Les salariés se sont déchainés contre les directeurs de TT. Et la chasse aux sorcières a repris des plus belles.

Entre agression verbale et physique, les directeurs ont alors été invités par M. Chkir à travailler à distance pour leur sécurité. D’un autre côté on nous informe que notre présence chez TT n’est que question de temps. On ne savait plus sur quel pied danser.

Quelques jours après, M. Chkir démissionne de son poste de PDG sans pour autant quitter le conseil d’administration. Sans doute à cause des pressions exercées par EITL et le syndicat.

Et c’est là que le gouvernement nomme Ali Ghodhbani en tant que nouveau PDG de Tunisie Telecom. Une grave erreur puisque cette nomination n’est pas venue suite à un conseil d’administration en présence de EITL. Cette décision unilatérale et illégale, a donc valu à TT des ennuies avec son partenaire stratégique. Du coup, Ali Ghodhbani ne peut tenir le poste de PDG, et Raouf Chkir ne peut le reprendre puisqu’il est déjà démissionnaire.

Et pourtant, nous recevons en début du mois de mars un mail de la part du PDG démissionnaire, nous demandant de regagner nos bureaux. Cette annonce a provoqué l’indignation chez quelques uns des directeurs contractuels. Comment peut-on revenir travailler normalement quand beaucoup d’entre nous se sont déjà fait agressé et insulté. Comment voulez-vous qu’on soit motivé à travailler pendant qu’on nous affirme que nous allons être viré prochainement ?

Donc en résumé : Tunisie Telecom est une société sans président directeur général avec un DGA qui refuse de signer les décisions stratégiques. Un bateau sans capitaine qui navigue dans le brouillard.

Témoignage receuilli par Welid Naffati

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