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Pourquoi la Tunisie accuse-t-elle du retard à déployer le très haut débit ?

Pourquoi la Tunisie accuse-t-elle du retard à déployer le très haut débit ?

La première réunion des commissions sectorielles du ministère des TIC et de l’Economie numérique s’est tenue le 6 octobre dernier au siège du ministère regroupant plusieurs acteurs de Startups, quelques représentants de ministères, des entreprises publiques et enfin la société civile. Cette réunion s’inscrit dans le travail entrepris par plusieurs ministères du gouvernement pour établir le plan de développement 2016-2020. 

Pourquoi la Tunisie accuse-t-elle du retard à déployer le très haut débit ?La première réunion des commissions sectorielles du ministère des TIC et de l’Economie numérique s’est tenue le 6 octobre dernier au siège du ministère regroupant plusieurs acteurs de Startups, quelques représentants de ministères, des entreprises publiques et enfin la société civile. Cette réunion s’inscrit dans le travail entrepris par plusieurs ministères du gouvernement pour établir le plan de développement 2016-2020. 

La première réunion a concerné la commission sectorielle de l’infrastructure présidé par Kamal Saadaoui, Chef de Cabinet de Noomane Fehri. Au début de la réunion, Sofien Sghaier, PMO (Program Manager Office) de l’axe infrastructure au ministère des TIC et de l’Economie, a fait une présentation de rappel du plan Tunisie Digitale 2018 qui a été lancé à Tabarka en 2013 puis qui affiné à Korba 2014. 

Le Plan National du Numérique (PNS) ou appelé Tunisie Digitale tel qu’il a été décidé à Korba 2014, vise en effet à ramener plusieurs indicateurs à la hausse à l’aube de 2018 : de 4500 Millions de DT en valeur ajoutée à 9000 MDT. L’exportation du numérique de 950 MDT à 4000 MDT ; Le nombre d’emplois créés par an de 7.5 mille postes à 25 mille postes. 

Sur la partie développement social, le PNS cherche à connecter 3 familles sur 5 à l’haut débit contre 1/5 actuellement. Pour la pénétration du haut débit mobile, le faire monter de 8.9% (2014) à 50% en 2018. Le PNS vise un meilleur positionnement international de la Tunisie (selon l’index NRI). En 2014, la Tunisie occupait la 87ème place dans le monde, 4ème en Afrique et 8ème sur la région Arabe. Avec le PNS, le gouvernement aspire à passer à la 4Oème place dans le monde, 1ère en afrique et 4ème dans le monde arabe. D’autres indicateurs comme le taux de pénétration du très haut débit (Fibre optique, etc.) devrait, grâce au PNS, être revu à la hausse, ce qui impactera positivement le PIB national.

Mais, malheureusement, beaucoup de ces chantiers ont accusé un retard considérable. Les raisons de ce retard peuvent varier (élections législatives et présidentielles de 2014, fin de période de transition, retard d’extinctions des émetteurs analogiques, etc.), mais une stratégie à la base est un plan d’action théorique qui doit être tout le temps mis à jour en prenant en considération les difficultés rencontrés sur le terrain ou sur le plan politique.

C’est ainsi que Kamal Saadaoui, le président de cette commission, a avoué que le plan concernant le déploiement de l’IPv6 en Tunisie peine à aboutir. «La commission en charge de cette stratégie n’a pas beaucoup avancé», a-t-il déclaré. «Nous respectons beaucoup nos collègues de l’administration qui composent cette commission. Mais je pense qu’il faudra l’ouvrir à plusieurs acteurs, notamment le privé, pour avancer un peu plus rapidement dans l’étude de ce déploiement».

 Pourquoi la Tunisie accuse-t-elle du retard à déployer le très haut débit ?

Au sujet du lancement de la 4G, l’appel d’offre (AO) a été encore une fois retardé de quelques semaines pour que la commission chargée de cet AO puisse mieux préparer sa publication. Résultat, au lieu de fin décembre 2015, c’est février ou mars 2016 que l’Etat tunisien octroiera les licences 4G. 

Mais il y a des dossiers que, malheureusement, le ministère des TIC et de l’Economie numérique n’a pas la main dessus pour le faire avancer. C’est le cas du système d’information national géographique qui d’enthousiaste guère le ministère de la Défense semble manquer. 

«Le Conseil Stratégique du Numérique, présidé par Habib Essid, a demandé, le 12 septembre dernier, au ministère de la Défense de mettre à la disposition du marché, dans un délais maximal de 6 mois, un système d’information national géographique utile pour les applications de l’économie numérique. Ce projet permettra de recueillir, stocker, traiter, analyser, gérer et présenter tous les types de données spatiales et géographiques de la Tunisie», a informé M. Saadaoui.

Pour le projet du Réseau National d’Interconnexion des Administrations (RNI), le gouvernement est pratiquement dans les délais. Un Appel d’Offre National pour le partage de plusieurs lots d’administration entre les 3 opérateurs. L’ouverture des plis est programmée pour ce lundi 12 octobre. 

Au sujet de la certification électronique nationale, la PDG de l’ANCE présente dans la réunion a indiqué que les travaux vont bon train pour que la mise à jour de la certification racine aux normes internationales. Malheureusement, un décalage de quelques semaine est à prévoir à cause des derniers attentats terroristes. Et pour cause, le bulletin sécuritaire émis par les pays étrangers déconseille la visite de la Tunisie qu’en cas de nécessité. De ce fait, beaucoup d’auditeurs étrangers ont été obligés d’ajourner leur inspection. 

Concernant le Cloud privé national pour le secteur public -et qui va de paire avec le RNIA pour lancer la e-administration- ce dossier risque d’accuser plus de retard que prévu. La raison? La divergence des points de vues. Et pour cause, si pour quelques uns le choix de l’ATI ou de Tunisie Telecom est normal (vu que ce sont des entreprises considérées ‘étatiques’), l’exclusion de tous les autres Data Centers tunisiens étatiques (CNI, etc.) ou privés (Eo Data Center, Dataxion, ooredoo, Orange, les FAI, etc.) pourrait être une erreur stratégique impardonnable. La raison ? Mutualiser et fédérer tous les Data Center en Tunisie améliorera la sécurité et la disponibilité de ces données. 

Mais par dessus tout, comment impulser le très haut débit filaire, notamment grâce à la fibre optique, quand les frais d’infrastructure sont très chers ? Et comment faire pour booster l’hébergement du contenu local afin d’encourager les Tunisiens à adopter le très haut débit ?

Autant de questions auxquelles la commission devra y apporter des réponses avant la réunion du 30 octobre prochain pour qu’il soit adopté par le ministère puis présenté à la président du gouvernement dans le cadre de son plan de développement d’ici 2016. Entre temps, Kamal Saadaoui a donné rendez-vous dans une 15 aine de jours à ses membres pour qu’ils présentent leurs suggestions.

Welid Naffati

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