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Premier IGF en Tunisie : Un peu brouillon, trop technique, peu efficace, mais très positif

Premier IGF en Tunisie : Un peu brouillon, trop technique, peu efficace, mais très positif

Pas de grands bruits, pas de grandes pompes et une présence médiatique très timide ont marqué le premier forum IGF en Tunisie. Et pourtant, ça valait le détour à la vue des protagonistes et des sujets traités.

Premier IGF en Tunisie : Un peu brouillon, trop technique, peu efficace, mais très positifPas de grands bruits, pas de grandes pompes et une présence médiatique très timide ont marqué le premier forum IGF en Tunisie. Et pourtant, ça valait le détour à la vue des protagonistes et des sujets traités.

L’IGF est le Forum de Gouvernance de l’Internet (Internet Governance Forum) créé en 2006, sous l’égide des Nations Unies. Il est né suite au fameux SMSI (Sommet Mondial sur la Société de l’Information) qui a eu lieu en Tunisie en 2005 ayant à l’époque un goût amer. En effet, alors que la censure, l’oppression et la torture sévissaient, on faisait semblant de parler de gouvernance d’internet et de l’éthique dans le pays de Zaba.

Selon ses organisateurs «le but de ce Forum, tel qu’établi par les directives de l’Agenda de Tunis 2005, est d’engager les acteurs concernés par Internet dans un dialogue sur les questions de gouvernance de l’internet. L’IGF est une instance de concertation, neutre et multi-acteurs et ne remplace pas les mécanismes, institutions ou organisations déjà existants, en charge du fonctionnement de l’Internet. L’organisation et le financement des activités de l’IGF sont sous la tutelle des Nations Unies».

Pratiquement, l’édition tunisienne s’est tenue sur une journée dans un grand hôtel de la capitale. Une session plénière, quatre workshops et une session de clôture. L’évènement a été sponsorisé par Tunisie Telecom, Google, Internet Society et l’INT (L’instance nationale des télécommunications).

Beaucoup d’interventions ont marqué les débats notamment, celles de Khaled Koubaa, représentant de Google en Tunisie, Farouk Kammoun, président du MAG et de l’université privée Sesame, Mohamed Said Ouerghi, professeur de l’ENSI, Meryem Marzouki, chercheuse tunisienne à l’UPMC, CNRS et la Sorbonne, Sophie Kwasny du conseil européen, Welid Neffati, CEO de THD et le professeur Chawki Gaddes.

Les workshops ont porté sur la gouvernance d’internet, la considération d’internet comme un service public ou non, protection de la vie privée et des données personnelles en Tunisie et internet en termes de levier et facteur de développement économique.

Premier IGF en Tunisie : Un peu brouillon, trop technique, peu efficace, mais très positif

Les débats ont débouché sur quelques constatations sans équivoques. D’abord, l’implication des Tunisiens dans les organismes de gouvernances d’internet est quasi absente comme l’IEEE ou autre. Outre le gap technologique, la formation académique tunisienne souffre d’un manque de généralisation : la Tunisie forme de très bons techniciens, ingénieurs et informaticiens en termes de connaissance des sciences informatiques mais ces derniers s’avèrent vite dépassés dès qu’il s’agit de connaître les droits numériques, les aspects managériaux, les études de marché (pour le e-commerce par exemple), etc.

Le débat sur la  protection de la vie privée et des données personnelles était particulièrement intéressant, surtout au vu des dernières retombées de l’affaire Snowden et de la NSA. La situation en Tunisie est plus qu’alarmante, si beaucoup d’utilisateurs «s’aventurent» à étaler leurs vies privés sur les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter ou encore pis, Foursquare (où certains n’hésitent pas à rendre public leur lieu de résidence en checkant parfois dans leur lits), certains autres dépassements sont perpétrés par les opérateurs, les FAI, les banques et même des enseignes agroalimentaires. Les institutions de l’état n’en sont pas épargnées. Les sites d’inscription universitaire et les violations des numéros de CIN sont de véritables scandales aux yeux des normes de respect des données privées. Les recommandations du dialogue tirent la sonnette d’alarme : Plus que jamais, un bilan doit être dressé sur les différents dépassements perpétrés par le privé et le public.

Pour l’anecdote, on notera que Mokhtar Yahyaoui, président de l’instance nationale de la protection de la vie privée et des données personnelles, a brillé par son absence malgré sa confirmation la veille, de même pour le ministre des TIC, Mongi Marzoug, qui devait clôturer l’IGFtn. 

Ce qu’on peut tirer comme conclusion, c’est que cette première édition de l’IGF tunisien a eu beaucoup de points positifs malgré la présence très timide des institutions concernées par le sujet, ou encore la société civile. On regrettera de ce fait la communication du MAG de l’IGFtn, qui au lieu de vulgariser l’approche d’une façon beaucoup plus abordable au grand public, a préféré plutôt utiliser un jargon trop technique et/ou juridique (pour ne pas dire de langue de bois) dans leurs sorties médiatiques pour promouvoir de l’événement. Espérons tout de même que tout ce qui a été tiré comme recommandations n’atterrisse pas dans l’oreille d’un sourd.

Emir Sfaxi

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