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Tunisie – Censure du porno : Ces bits qui gênent trop nos Constituants 1/2

Tunisie – Censure du porno : Ces bits qui gênent trop nos Constituants Le ministre des Technologies de l’information et de la communication, Mongi Marzoug, a annoncé, le 6 septembre dernier au siège du Premier ministère à la Kasbah, la «mort officielle de Ammar 404». Une série de mesures ont, en effet, été prises pour contrer un possible retour de la censure arbitraire en Tunisie.

Parmi ces mesures phares : l’adhésion de la Tunisie à la coalition Freedom Online, un regroupement de pays qui militent pour les libertés sur le Net, ainsi que la mise en place du bureau national de l’Internet Governance Forum (IGF).

Et pourtant, une toute petite déclaration du ministre des TIC a suffi pour que l’ombre de Ammar 404 réapparaisse de nouveau. Lors de l’IGF (lire notre article), M. Marzoug a parlé de la nécessité de créer une entité de cyber-flicage. Une sorte de police du Net. Son but : intercepter les cyber-délinquants. «Mais ceci doit se faire en toute légalité, avec un cadre juridique bien défini et sous le contrôle direct du tribunal», s’explique le ministre. Finies donc les pratiques de cachottiers dans la gestion du flux Internet. Du moins c’est ce que le gouvernement souhaite… et tente de prouver.

Pas si vieux que ça…

La déclaration du ministre des TIC a créé la polémique. La presse et les Internautes se sont activés pour dénoncer un retour de la censure avec Ennahdha. Notre vieux Ammar 404 a laissé pousser sa barbe et a enfilé sa djellaba et s’apprête à entrer par la grande porte. Du moins c’est ce que pensent beaucoup de gens.

Pourtant, cette histoire de contrôle d’Internet ne date pas d’hier. Ce point figure même dans la feuille de route qu’a révélée le Premier ministère en avril dernier (Lire notre article : Le gouvernement va confier la «sécurisation du Net» aux experts du ministère de l’Intérieur). Alors pourquoi la polémique a-t-elle enflé à ce point, et à ce moment précisément ? Est-ce encore la faute «des médias et des détracteurs d’Ennahdha» ?

Le ministre des TIC, Mongi Marzoug, annonçant la mort officielle de Ammar 404 lors d'un point de presse organisé au Premier ministère à la Kasbah le 6 septembre dernier pour parler du programme de son ministère

Plus de huit mois après sa création, le gouvernement -prédominé par le parti islamiste- multiplie les faux pas. S’égarant, chaque jour un peu plus, de ses promesses électorales. La corruption, le chômage, les prix, les bavures policières (etc.) ont atteint des niveaux record. Et le nettoyage du pays de la «racaille de Ben Ali» se fait toujours attendre. Soit autant de signaux négatifs qui ont prouvé le manque de volonté d’Ennahdha à rompre avec les pratiques de l’ancien régime et améliorer le quotidien du citoyen.

Le Tunisien déchante et une crise de confiance s’est installée de nouveau entre le gouverneur et le gouverné. Les déclarations de Lotfi Zitoun, ministre conseiller de Hammadi Jebali, et sa nomination d’ancien serviteur de Abdelwahab Abdallah à la tête des médias publics ont accentué la peur des Tunisiens. La peur d’un retour à la case départ. La case de la dictature.

La censure des sites X remise sur la table

Depuis sa nomination à la tête du ministère des TIC, et au contraire de plusieurs de ses homologues dans le gouvernement, Mongi Marzoug a multiplié les consultations et les discussions avec les acteurs du marché. Surtout l’Agence Tunisienne d’Internet (ATI) et l’Instance Nationale des Télécommunications (INT).

Sa première action : ouvrir des dossiers urgents tombés dans les oubliettes comme l’adoption d’un nouveau code des télécoms. Ce dernier donnera plus d’indépendance au régulateur et libéralisera le secteur d’Internet, notamment sur l’accès international, tout en insistant sur le caractère neutre de l’ATI. Avec de telles réformes, il sera, donc, difficile pour le gouvernement de rétablir Ammar 404.

Seulement voilà : trois commissions législatives à l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) ont retardé l’adoption du nouveau code des télécoms et ont appelé l’INT et le ministre pour une audition afin d’«étudier les besoins d’un secteur aussi stratégique que les TIC». Une séance qui n’a pas empêché nos élus de remettre sur la table la censure des sites dits «dangereux». Notamment ceux à caractère pornographique. A suivre.

Welid Naffati

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