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Tunisie : La contre propagande d’Ennahdha passe par Facebook et Youtube

Tunisie : La contre propagande d’Ennahdha passe par Facebook et YoutubeLa date du 23 octobre 2012 approche à grand pas. Or, c’est à cette date que l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), dominée par le mouvement islamiste Ennahdha, doit terminer l’écriture de la nouvelle constitution. Cette date a été dictée par le décret numéro 1086 de l’année 2011 paru dans le Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT) d’aout 2011. Un décret qui a été adopté plutôt, en avril 2011, par tous les partis politiques composant la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique. Ennahdha inclus.

Bien que le président de l’ANC, Mostapha Ben Jaafer, ait réitéré à plusieurs reprises son attachement à cette date butoir, le député nahdhaoui et rapporteur général de la Constitution, Habib Kheder, a affirmé pour sa part que la nouvelle constitution ne sera prête qu’en avril 2013. Soit un retard de 7 mois par rapport au calendrier initial.

La société civile a alors immédiatement réagi pour rappeler à l’ANC, et surtout au parti de Rached El Ghanouchi, ses engagements en ressortant le décret tel qui a été publié sur le JORT et en le diffusant sur Facebook.

Le décret tel qu'il a été publié sur le Jort d'aout 2011 qui annonce clairement que la Constituante doit terminer ses travaux de rédaction de la constitution avant le 23 octobre 2012

D’autres ont préféré faire pression sur l’ANC d’une façon plus efficace grâce au buzz via les réseaux sociaux. L’association Sawty a ainsi diffusé le 17 août dernier une vidéo sur Youtube qui a rapidement fait le tour de Facebook et Twitter.

Dans cette vidéo, on voit les militants de l’association dresser une tente sur l’avenue Habib Bourguiba au centre ville de Tunis. Sur une pancarte accrochée à la tente, on lit : «Venez découvrir la nouvelle constitution de la république tunisienne». Des livrets de la dite constitution ont été distribués aux passants. En le feuilletant, ils découvrent qu’il est complètement vierge. Sauf la dernière page où il est écrit : «Le premier projet de constitution devait être prêt le 15 juillet 2012. On l’attend encore. La constitution a pris du retard. Nous devons l’exiger».

Quand la justice transitionnelle laisse sa place à la justice transactionnelle

Dix mois après sa création, le gouvernement de la Troïka dominé par le mouvement islamiste Ennahdha, accumule les faux pas. Les premiers à en payer les frais : le CPR et Etakattol dont la cote de popularité a chuté à des niveaux extrêmement bas. Ennahdha, par contre, fait mieux que ses alliés de circonstance et arrive à maintenir le soutien d’une grande partie de son électorat.

Mais le parti de Rached El Ghannouchi commence à perdre de son aura après le scandale de l’indemnisation des prisonniers politiques qu’a fait éclater l’ancien ministre des Finances démissionnaire Houcine Dimassi. Mis à part le montant du budget que le gouvernement comptait allouer à ces prisonniers politiques, c’est l’opacité dans le processus d’octroi de ces indemnités qui a fait des gorges chaudes dans les médias et sur le Net. Surtout que la justice transitionnelle est restée au point mort puisque trop peu de dossiers de corruption ou de crimes sous l’ancien régime ont été transmis à la justice depuis la prise au pouvoir d’Ennahdha. La société civile a alors accusé le mouvement islamiste de manipulation électoraliste visant à acheter des voix sur les frais du contribuable.

Le gouvernement a alors mis le paquet en produisant un spot publicitaire diffusé durant des heures de grand écoute sur les télés en fin du mois de Ramadan. Dans cette vidéo, le gouvernement tente de convaincre les Tunisiens que ces indemnités rentraient dans le processus de la justice transitionnelle et de l’amnistie générale.

Les Internautes ont alors immédiatement réagi en produisant le jour même de la première diffusion de ce spot, une vidéo montage pour contre carrer la campagne de propagande lancée par Ennahdha sur les télés nationales.

Dans la vidéo diffusée sur Youtube, une voix Off explique qu’en absence de transparence dans le traitement des dossiers, il y a de fortes chances que des corrompus de l’ancien régime se retrouvent éligibles à cette indemnité. La vidéo rappelle également que des zones d’ombre persistent sur l’implication de quelques membres d’Ennahdha dans des actes terroristes en Tunisie en début des années 90.

Malgré la saison estivale et Ramadan, facebook, youtube et twitter ont encore une fois prouvé que la société civile tunisienne est toujours éveillée et n’est pas prête à baisser les bras. Et même si les ressources financières leur font défaut pour mener des campagnes de sensibilisation sur radios et télés, elles ne manquent pas, par contre, d’ingéniosité pour contrer la propagande de la classe politique tunisienne grâce aux moyens gratuits de communication dont elle dispose. L’Internet en l’occurrence.

Mohamed El Abed

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