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Tunisie : La société civile est la seule garantie de la transparence et des libertés

Tunisie : La société civile est la seule garantie des transparences et des libertésFervent défenseur des libertés (notamment sur Internet) et de l’Open Gov, Dr. Mohamed Saïd Ouergui s’insurge contre les dérives de l’actuel gouvernement. Mais pour ce militant du temps de Ben Ali très connu dans la sphère du Libre, la société civile doit jouer pleinement son rôle pour obliger la classe politique gouvernante à se soumettre aux règles de la transparence.

Aujourd’hui, et après les élections de l’assemblée nationale constituante et la mise en place du nouveau pouvoir politique, nous en sommes encore à nous poser la question suivante : “Qu’avons-nous réellement gagné des mouvements de protestation qui ont secoué le pays durant les deux années 2011 et 2012 suite à la chute du régime de Ben Ali ?”.

Il est clair que pas grand-chose, mis à part que tout Tunisien puisse dire tout haut ce qu’il pense tout bas… car les aspects les plus sombres de notre réalité socio-économique, et voire même politique, sont toujours là :

– Persistance d’un ensemble de facteurs maintenant l’économie nationale dans l’immobilisme et la stagnation (pour ne pas dire le déclin ou c’est du moins le ressenti d’une bonne partie de la population qui voit son pouvoir d’achat s’effriter de jour en jour).

– Règne de la culture de soumission pour tout un pays qui reste toujours placé sous la coupe de l’obéissance et de l’allégeance à certains pays et certains acteurs mondiaux de la finance.

– Prédominance d’un climat de crise sociale, avec toujours plus d’actions (assez souvent violentes en ce moment) de protestation et de persuasion menant forcément à une remise en cause de la confiance dans l’assemblée nationale constituante, le gouvernement de la troïka, les autres élites et toute la classe politique

– Conformité répétitive dans la chose politique avec des discours approximatifs et dans une langue de bois qui n’apportent pas de réponse aux attentes du peuple.

Mais que nous faut-il espérer gagner dans le futur ? La réponse, pour ne pas être du style «oh rien ou presque rien», sera sans nul doute car tout le monde s’accorde à le dire : de la «DEMOCRATIE».

Ce terme enchanteur de démocratie, qu’on nous livre à toutes les sauces, n’est en définitive qu’un concept, une illusion de quelque chose de vraiment merveilleux, mais qui malheureusement ne dure qu’un temps (souvent celui de la période du scrutin électoral, c’est-à-dire quelques mois avant et après le scrutin). Il ne faut pas oublier que des termes comme la ‘Vérité’, le ‘Bien commun’ ou encore la ‘Justice’ sont des leurres auxquels on ne croit plus lorsqu’on accède aux plus hautes sphères de l’Etat. L’intérêt général et le long terme sont souvent jetés aux oubliettes au profit de la gestion quotidienne d’une carrière et d’une survie, si possible, «jusqu’à l’infini».

N’oublions jamais que le pouvoir corrompt car, une fois acquises les compétences et connaissances nécessaires pour assurer et maintenir les sources de leur pouvoir, ses dirigeants ont la capacité de contrôler ou accéder à divers moyens économiques et financiers, comme ils ont la possibilité de brandir à tout moment les sanctions et punitions contre ceux qui désobéissent ou refusent de coopérer.

Que faut-il faire pour nous réveiller de cette désillusion qu’étaient nos élections passées, de ses conséquences socio-économiques désastreuses et son actuel/futur postulat qu’est la démocratie ?

Comme vous le savez tous, nous avions pendant une cinquantaine d’années une constitution, des élections et tout le paquet. Mais ceci nous n’a guère servi à grand-chose. Car les deux pouvoirs déchus (Bourguiba et Zaba) ont su nous endormir, nous embobiner, nous anesthésier, nous asphyxier… ou nous museler par la peur.

C’est donc dans notre manière d’être et dans nos actions individuelles et communes que tout se joue (y compris dans le respect des règles non dites et dans l’application rigoureuse des textes de loi au quotidien). Alors sans attendre quoi que ce soit ou qui que ce soit, soyons responsables et essayons tous ensemble de construire une réponse à la demande populaire, tant de fois scandée dans diverses manifestations et autres plateaux de radio et/ou télé, «travail, liberté, dignité».

Tout est à faire ou à refaire Messieurs, Dames. Parfaitement, oui absolument tout. Cela peut sembler surprenant ! Mais c’est la vérité.

A  ce stade, il faut avouer que c’est quand même un mégaprojet ce qu’on voudrait mettre en place. Ca sera sans doute très prenant malgré la complexité des édifices à bâtir, les incertitudes qui guettent leur mise en chantier, la durée nécessaire pour leur réalisation, les distances à parcourir pour commencer à jouir de leur construction, le coût exorbitant que cela va engendrer. Mais ça sera en définitive un accomplissement très fascinant.

Et là, il faudrait la volonté de tous pour y arriver. Tout le monde est concerné et il faut commencer par soi.

Tout un chacun doit agir et œuvrer, avec humilité et selon ses ressources, ses capacités et ses aptitudes, à l’instauration et à la consolidation des valeurs fondamentales de cet édifice commun qu’est la future Tunisie ! J’en cite et j’en oublie : l’entraide, la citoyenneté, la gouvernance participative, la transparence et le respect d’autrui.

Par ailleurs, il faut que la société civile, les parties de l’opposition, les médias et tous les esprits libres tunisiens soient aux aguets pour se dresser, de temps en temps, contre le pouvoir en place et lui faire face par toutes les méthodes non violentes et coopératives dont la négociation. Il faut le critiquer de l’extérieur car le pervertir de l’intérieur reste souvent illusoire. Ce boulot ingrat nous revient à tous absolument, chacun comme il peut. Sur le terrain, tout comme sur Internet (facebook, blogosphère, twitter, etc.). Car sinon on peut dire «adieu la démocratie et bonjour la dictature».

Dr. Mohamed Saïd OUERGHI

ouerghi[at]gmail.com

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