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Tunisie : La société civile tire la sonnette d’alarme sur les dangers qui nous guettent sur Internet

Tunisie : La société civile tire la sonette d’alarme sur les dangers qui nous guettent sur Internet

Dans le cadre de la stratégie de l’ICANN pour la région MENA, le Groupe de travail sur la stratégie du Moyen Orient (MESWG) a organisé un workshop qui s’est étalé sur une semaine en marge de l’African Internet Summit qui s’est déroulé du 24 mai au 5 juin dernier à Gammart. Ce workshop appelé «L’école de la gouvernance d’internet» a eu comme thème la gouvernance d’Internet dans la région de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient. Ce workshop a été organisé par le MESWG en partenariat avec ISOC (Internet Society) dans le but d’encourager la société civile à participer plus activement dans le modèle de gouvernance de l’Internet dans la région.

Tunisie : La société civile tire la sonette d’alarme sur les dangers qui nous guettent sur InternetDans le cadre de la stratégie de l’ICANN pour la région MENA, le Groupe de travail sur la stratégie du Moyen Orient (MESWG) a organisé un workshop qui s’est étalé sur une semaine en marge de l’African Internet Summit qui s’est déroulé du 24 mai au 5 juin dernier à Gammart. Ce workshop appelé «L’école de la gouvernance d’internet» a eu comme thème la gouvernance d’Internet dans la région de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient. Ce workshop a été organisé par le MESWG en partenariat avec ISOC (Internet Society) dans le but d’encourager la société civile à participer plus activement dans le modèle de gouvernance de l’Internet dans la région.

Ce workshop a couvert les différents aspects juridiques, économiques, socioculturels et technologiques de la gouvernance d’Internet dans un contexte géopolitique en pleine mutation dans le monde arabe (les révolutions populaires, les guerres au moyens orient, etc.) 

Pendant le premier jour de l’école, les participants ont mis en exergue le développement historique de la gouvernance d’Internet à travers le monde et son évolution depuis le Sommet Mondial sur la Société de l’information (WSIS) en 2003 à Genève, jusqu’à l’IGF 2015 du Brésil, en passant par le sommet WSIS de Tunis en 2005.

Lors de la deuxième journée, les différents intervenants ont abordé la thématique de l’écosystème de l’Internet, et notamment les DNS. Et pour cause, plusieurs noms de domaines nationaux (ccTLD) peuvent être difficilement joignables sur le Net mondial (comme c’est le cas pour l’Iran et la Chine). D’où la nécessité de comprendre les différentes étapes de «dialogue» entre ces DNS pour que, justement, aucune partie ou pays ne soit isolé. Faut-il encore rappeler que les pays arabes ont désormais la possibilité d’écrire des noms de domaines en arabe et que ceci est un challenge technique en soi ?

Mais le challenge ne s’arrête pas là. Car avec le boom des Smartphones et tablettes, les Internautes passent de plus en plus par des applications pour naviguer au lieu d’ouvrir leur navigateur et puis taper l’URL du site. De ce fait, et avec ce changement dans la façon avec laquelle on consomme Internet, peut-on toujours dire que le succès d’un business sur le Web est tributaire du choix du nom de domaine ?

Photo de groupe des participants au Workshop qui s'est déroulé à Gammart en marge de l'AIS 2015

Photo de groupe des participants au Workshop qui s’est déroulé à Gammart en marge de l’AIS 2015

Pis encore : Ce n’est plus un secret pour personne que la gestion technique de l’Internet mondial est sous le contrôle direct et historique des Etats Unis. Or, le gouvernement américain est en passe de transférer ce pouvoir à l’IANA, l’entité technique de l’ICANN. Dans ce cas, la gouvernance de l’Internet mondial ne sera plus hermétiquement fermée. D’où la question : devra-t-on faire participer tous les gouvernements du monde dans la gestion d’Internet, ou doit-on l’élargir au privé, voire même la société civile ? Cette question de «multistackeholderism» (la gestion multi-acteurs) de l’Internet a été donc au centre des débats lors de cette 3ème journée du Workshop. Car au delà de l’aspect multi-acteur, c’est la question de la transparence et de la neutralité du Net qui sont plus que jamais à l’ordre du jour avec ce passage vers l’IANA.

Or, ces discussions sont plus que cruciales, voire même extrêmement urgentes, pour la pérénnité du réseau. D’autant plus qu’une partie de la planète risque de tomber dans un blackout informatique. La raison ? Le passage de l’IPv4 à l’IPv6.  

En effet, le stock des adresses IPv4 libres dans le monde a été entièrement consommé. Or, le boom dans les Smartphones et la multiplication des connexions 3G/4G -au point de relier des voitures, de l’électroménagers ou même des machines industrielles à Internet (la fameuse tendance des objets connectés IOT)- a accéléré cette pénurie des IPv4. Si pour l’Afrique nous avons encore quelques blocs d’adresses IPv4 encore disponibles à l’utilisation, les pays développés, par contre, ils sont déjà condamnés à passer vers l’IPv6 dans les plus brefs délais. 

Du coup, une sorte d’Internet à deux vitesses semble se profiler à l’horizon. Et il est extrêmement dangereux dans la mesure où on risque d’avoir un clan composé de pays qui se parlent entre eux en IPv6, et puis un autre clan (celui des pays moins développés) qui vont se retrouver isolés avec leur vieux IPv4. Ce qui entravera leur développement économique avec une faille numérique encore plus vaste et plus profonde entre les deux clans. Ce sont là, aussi, une autre problématique à laquelle est confrontée l’ICANN et que les participants dans ce Workshop ont pointé du doigt.

Lors de ce Workshop, l’organisation à but non lucratif IGMENA a, pour sa part, défendu le droit de l’Internaute : Son droit à un Internet sans censure, son droit à la protection de ses données privées, son droit à s’exprimer librement ainsi que son droit à un Internet neutre et sans filtrage.

Pour se faire, IGMENA préconise à ce que la société civile dans le monde arabe ait plus de poids dans la gouvernance d’Internet au niveau de leur pays et ce, en créant des task-force ou des associations qui feront pression sur les gouvernements pour respecter les droits des Internautes (une juridiction transfrontalière dans la protection des citoyens sur Internet, les droits numériques, la cyber sécurité, la liberté d’expression, etc.). 

La technologie, et l’Internet en général, sont devenus des domaines transversaux qui touchent à tous les secteurs d’activités d’un pays, allant de la défense nationale jusqu’à la santé en passant par l’éducation. De ce fait, le thème de la gouvernance d’Internet ne doit plus rester un sujet élitiste où seulement les ingénieurs et les politiciens s’y expriment. La société civile est appelée, maintenant et plus que jamais, à mettre la main dans le cambouis si elle veut garantir un Internet libre et un avenir prospère pour leurs enfants.

Hamza Ben Mehrez

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