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Tunisie : La Steg doit-elle encourager le cloud pour limiter ses pertes ?

Le gouvernement doit-il faire basculer, en urgence, toutes ses administrations dans le virtuel ? «A-t-il vraiment le choix en ce temps de crise ?», répond M. Foued Marzouki, expert en cloud computing. Selon lui, cette technologie est un moyen efficace de remettre au vert les caisses de l’Etat et des entreprises tunisiennes.

«Si une société installée en Tunisie a réussi à économiser 300 mille dinars en électricité grâce au cloud computing, je me demande ce qu’attendent les entreprises nationales pour basculer vers cette technologie», s’exclame M. Foued Marzouki, consultant et expert international en Enterprise Systems Management (ERP). Cette réflexion vient suite à l’article que THD a publié le 2 décembre dernier sur le Cloud Computing de Tunisie Telecom.

M. Marzouki est un fervent défenseur des virtualisations. Pour lui, le cloud, c’est l’avenir. Il croit dur comme fer à la relance de l’économie du pays grâce au cloud computing. Cette dernière permettra à l’Etat et aux sociétés tunisiennes de réduire leurs frais tout en augmentant leur productivité et leurs bénéfices, donc.

«Savez-vous qu’en faisant uniquement de la bureautique ou en naviguant sur Internet, nous consommons entre 3 à 5% seulement des ressources matérielles de notre ordinateur ?», déclare M. Marzouki. «Si on a une utilisation avancée de l’ordinateur, ce taux s’élèvera alors à 20% en moyenne».

Acheter un Pc = 80% d’argent perdu

Schématiquement, et en termes plus clairs, si on achète un ordinateur à 1000 dinars, il y a seulement 200 dinars qui vont réellement servir. Ainsi le reste, c’est à dire 800 dinars, serait, autant dire, de l’argent jeté par la fenêtre.

Pour une utilisation personnelle, ceci peut ne pas gêner les petites bourses. A l’échelle d’une entreprise, par contre, chaque dinar dépensé alourdira ses charges et entravera sa compétitivité sur le marché. Mais ce n’est pas seulement le problème d’investissement matériel qui est ici remis en question. C’est également le coût des solutions logicielles qu’il faut comptabiliser.

«Prenons un cas pratique», explique cet expert en cloud. «Une société a 1000 postes répartis entre sièges et filiales régionales. Une mise à jour d’un programme, disons Microsoft Office par exemple, sur l’ensemble des ordinateurs demande : l’achat de la licence, la main d’œuvre qui se charge de la mise à jour et enfin un arrêt temporaire de travail du salarié utilisant l’ordinateur. Le coût total de l’opération se situe dans les 74dinars, en moyenne et par poste. Je vous laisse faire le calcul pour connaître la somme d’argent que cette société devra dépenser pour mettre à jour tous ses PC».

Des sommes dont l’entreprise pourrait bien s’en passer grâce au cloud computing et la virtualisation du Desktop.

Virtualisation des Desktop ? Quèsaco ?

C’est une solution de cloud poussée à l’extrême où l’ordinateur personnel n’est autre qu’un simple terminal sous forme d’écran. Il est équipé du B.a.-ba nécessaire à son fonctionnement et… d’une connexion Internet. C’est tout. Tout est en effet hébergé sur un serveur distant. Même les applications dont on a besoin pour travailler.

En se connectant à ce serveur, un environnement Windows ou Mac OS ou Linux, s’affiche sur l’écran. L’utilisateur n’aura même pas l’impression qu’il travaille sur une machine virtuelle distante. Même ses données personnelles seront hébergées à distance et non sur sa machine locale.

«Il faut s’attendre en 2012 à une montée en puissance de la virtualisation du Desktop dans le monde», affirme M. Marzouki. «Beaucoup de compagnies internationales ont investi beaucoup d’argent en infrastructure informatique. Elles essayeront maintenant d’optimiser leurs ressources et réduire leurs frais. Et non pas seulement en optant pour la virtualisation de leurs Desktop, mais également en migrant leurs serveurs internes sur le cloud. Il faut savoir qu’on utilise en moyenne 15% de la capacité d’un serveur. Mutualiser toute une infrastructure d’hébergement grâce au cloud est une occasion pour ces sociétés de dépenser moins d’énergie, moins de matériel et surtout moins de dépenses en logiciels».

Et pour cause, grâce à cette virtualisation, il suffit d’une seule mise à jour/installation pour telle ou telle application ou logiciel, pour en faire bénéficier tous les Desktop virtualisés qui s’y connectent. Moins de licences, moins de temps d’arrêt, moins de frais de main d’œuvre, moins d’énergie, et donc moins d’argent dépensé inutilement. Que du bénef !

Limiter les pertes de la Steg grâce au cloud

Le gouvernement doit-il alors lancer dès maintenant un projet de basculement au tout cloud au risque de se retrouver dépassé par la nouvelle tendance mondiale ? «Et a-t-il le choix de ne pas faire autrement ?», nous répond M. Marzouki. «Là on ne parle pas de problème de compatibilité ou interopérabilité technologique qui risque de nous causer des soucis si on n’opte pas pour le cloud et la virtualisation. C’est que là on est en pleine crise économique. Il est grand temps d’optimiser nos ressources et limiter nos dépenses. De toutes les façons on a plus d’argent !».

Il rétorque par la suite : «Si La poste tunisienne et les administrations publiques basculaient toutes vers le cloud, vous verriez l’économie que fera l’Etat en frais de maintenance et en énergie électrique».

Cette économie d’énergie ferait également gagner la Société tunisienne d’électricité et de gaz (Steg) qui est en train de vendre à perte le kilowatt. Une perte compensée par les caisses de l’Etat, et donc, par le contribuable. Mais sur le plan pratique, sommes-nous vraiment prêts à basculer au tout cloud ? «Pas vraiment», nous répond M. Foued Marzouki. A suivre.

Welid Naffati

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