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Tunisie: Les pages Pro Ennahdha «rigolent» à propos de l’assassinat du député Brahmi

Tunisie: Les pages Pro Ennahdha «rigolent» à propos de l’assassinat du député Brahmi

La date du 25 juillet 2013 est un de ces jours noirs qui marqueront à jamais la Tunisie : l’assassinat politique de l’un des leaders du Front Populaire et du mouvement panarabe, Mohamed Brahmi. Ce député de l’opposition de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) a été abattu par plusieurs coups de feu (10 ou 14 selon quelques sources). Cet acte abject a provoqué une onde de choc, notamment chez les utilisateurs de la Toile sur Twitter et Facebook.

Tunisie: Les pages Pro Ennahdha «rigolent» à propos de l’assassinat du député BrahmiLa date du 25 juillet 2013 est un de ces jours noirs qui marqueront à jamais la Tunisie : l’assassinat politique de l’un des leaders du Front Populaire et du mouvement panarabe, Mohamed Brahmi. Ce député de l’opposition de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) a été abattu par plusieurs coups de feu (10 ou 14 selon quelques sources). Cet acte abject a provoqué une onde de choc, notamment chez les utilisateurs de la Toile sur Twitter et Facebook.

En effet, dès les premiers instants où la nouvelle est tombée, les indignations ont fusé de toutes parts. Les statuts, les tweets, les photos, les slogans étaient partagés en grande quantité. L’indignation était énorme, surtout que le martyr était une personne sans quasiment aucun ennemi. Ajoutons à cela qu’il s’agit du 2ème assassinat politique en moins de 6 mois, après celui de feu Chokri Belaid, dont les meurtriers sont toujours en cavale. Bref, tous les ingrédients étaient là pour faire éclater le cumul de frustration des Tunisiens. C’est là que cette indignation a cédé sa place à l’indignation et aux appels à la révolte, à la chute du régime, et à l’insurrection générale.

La foule devant l'hôpital où se trouvaient la dépouille de Mohamed Brahmi

La foule devant l’hôpital où se trouvaient la dépouille de Mohamed Brahmi

Egalement, nous avons eu droit à quelques avis politiques à succès sur les réseaux sociaux. L’annonce de la grève générale par l’UGTT a été accueillie positivement par les insurgés. Celle d’Ahmed Nejib Chebbi, l’un des leaders de l’opposition, a en revanche recueilli des avis mitigés, compte tenu de ses anciennes déclarations contrastant totalement avec celles d’aujourd’hui. Karima Souid, députée à l’ANC a également créé le buzz en perdant le contrôle de ses nerfs en répondant à des tweets qui mettaient en doute sa crédibilité et son intégrité. Mais c’est la déclaration d’un Kais Said visiblement hors de lui qui a eu le plus de succès. Le célèbre expert constitutionnel, respecté par tous, avait montré un visage inhabituel en accusant toute la scène politique d’incompétence et en l’invitant à quitter définitivement les rênes du pouvoir et de l’opposition.

La fille du député Brahmi assassiné devant chez lui le jour de la fête de la république

La fille du député Brahmi, assassiné devant chez lui le jour de la fête de la République

Du coté des pages facebook, on a assisté au baratin habituel. Les pages pro pouvoir ont montré une fois de plus leur version des faits, criblée bien sur des cris contre les complots visant à déstabiliser ce qu’ils considèrent comme la légitimité. On a eu donc droit encore une fois aux accusations portées contre Nidaa Tounes et son président Beji Caid Essebi, à Hamma Hammami et son Front populaire et enfin à la France dans un mélange extraordinaire de théorie de complot et de mauvaise foi. La seule et unique raison ? Déstabiliser Ennahdha pour contrer la montée de l’islam comme c’est le cas en Egypte.

Mais contrairement à l’assassinat de feu Belaid, où un vent de panique a touché les pages nahdhaouies en condamnant l’acte et en essayant d’innocenter Ennahdha (lire notre article), cette fois-ci ces mêmes pages ont plutôt accueilli la nouvelle par le sarcasme. «Les Tunisiens sont plus tristes du fait qu’il n’y aura pas ce soir les feuilletons de Ramadan (à cause du deuil décrété, ndlr) plutôt qu’à cause de l’assassinat de Brahmi. Ha Ha Ha», lit-on sur l’une d’elles. Ou encore : «Le cortège funèbre sortira cette fois-ci de la maison de la culture (comme c’était le cas pour Belaid en février dernier, ndlr) ou du théâtre estival ? (en clin d’œil aux festivals d’été, ndlr)». 

Les pages pro Ennahdha lancent des vannes sur le meurtre de Mohamed Brahmi

Les pages pro Ennahdha lancent des vannes sur le meurtre de Mohamed Brahmi 

Pas un mot sur l’incapacité du gouvernement à protéger ses citoyens, sur les appels à la haine lancés par les dirigeants du parti ou encore sur les armes qui circulent librement sur le territoire et qui ont causé la mort de 2 leaders de l’opposition. Circulez, il n’y a rien à voir chez eux. 

Même le journal officiel du parti de Rached Ghannouchi paru le lendemain de l’assassinat, a préféré parler de ce qui se passe en Egypte dans sa Une en soutien aux frères musulmans, plutôt que de parler de cette tragédie qui a touché les Tunisiens. Et ne cherchez pas la mention de Mohamed Brahmi sur la première page du journal, vous n’en trouverez pas ! Versant dans le ridicule, les pages nahdhaouies ont, quant à elles, continué dans leur délire en essayant de donner une explication plausible au meurtre. 

Tout aussi ridicules sont les réactions de quelques députés nahdhaouis. Osama Al Saghir, l’un des rares députés d’Ennahdha à la constituante à avoir une page facebook et un compte twitter actifs, a appelé, juste après l’assassinat, dans un statut facebook et twitter (son facebook est linké à son compte twitter), à la démission du président du bloc Ennahdha à l’ANC, Sahbi Atig. Ce dernier a, en effet, était au centre d’une polémique il y a une semaine à cause de ses appels au meurtre de toute personne contre son parti politique. 

Une telle déclaration s’est vite répandue sur le Net et a été massivement partagée par les Internautes. Quelques minutes après, Osama Al Saghir efface le statut et annonce que «son compte twitter a été piraté» (sic !). Ce à quoi Slim Ammamou a répondu qu’il faut une journée pour récupérer le compte. M. Saghir était-il pris de panique en faisant une telle déclaration ? Ou était-ce un règlement de compte interne du bloc Ennahdha à l’ANC ? 

Entre indignation des uns et accusations des autres, la scène Facebook et Twitter a été, à l’image de la rue tunisienne, très tendue et très chargée d’évènements. Ce qui devait être une journée de fête nationale (d’ailleurs assez bien préparée par la communauté Web) s’est transformée en une journée de cauchemar, divisant encore plus le peuple entre le soutien aveugle à un parti, fougue révolutionnaire et insouciance totale. L’assassinat politique du martyr Mohamed Brahmi promet encore de grands remous, même sur Facebook, où l’on a assisté à quelques appels à l’insurrection à travers des évènements et des pages. Comme ce fut le cas lors de l’assassinat de Chokri Belaid. Facebook réussira-t-il cette fois à réunir les gens pour une cause qui semble commune ? Wait and see…

Seif Eddine Akkari

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