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Tunisie : Mais à quoi sert le Centre National de l’Informatique ? (Partie 1)

Tunisie : Mais à quoi sert le Centre National de l’Informatique ? (Partie 1)

«C’est ici que 680 mille employés de la fonction publique se font payés et c’est également ici que le Budget de l’Etat est géré». C’est avec ces mots que Sofiene Hemissi, DG du Centre National de l’Informatique (CNI), nous a accueilli dans son bureau avec un large sourire. Son bureau se trouve, justement, dans une bâtisse -le moindre qu’on puisse dire- n’a rien de high tech. Mis à part une petite enseigne, personne ne peut douter que derrière les murs et la grande porte, se trouve un édifice aussi stratégique pour l’Etat tunisien. Malgré la froideur des lieux et la sensibilité de son poste, il affiche tout de même une certaine fierté d’y appartenir. «Vous savez ? C’est ici que j’ai fait mon stage de fin d’étude début les années 90», s’est-il rappelé, un brin nostalgique. «Et me voilà une vingtaine d’années plus tard à la tête de cette institution. Je me considère encore comme un des enfants de la CNI».

Bien qu’il ait été fondé le 29 décembre 1975, le CNI a connu un parcours très atypique. De sa date de création jusqu’en 1995, le CNI était directement rattaché au Premier ministère. Avec la création d’un secrétariat d’Etat de l’Informatique en 1996, la CNI s’est vu placé sous la houlette de ce secrétariat, tout en restant rattaché au Premier ministère. En 2001, avec la création d’un nouveau portefeuille ministériel dédié aux communications, le Centre s’est vu rattaché à ce nouveau ministère au même titre qu’un nouveau secrétariat d’Etat dédié à l’informatique et à l’Internet’. «Saviez-vous que la Tunisie a développé en 1984 sa propre solution d’informatisation de paye des salaires ? Hé oui, nous étions aussi précurseurs dans le développement logiciel. Malheureusement nous commençons à perdre du terrain sur ce volet là», a lancé le DG de la CNI après un long soupire.

Sofiene Hemissi

Sofiene Hemissi

Ce système automatisé a été appelé INSAF. Complètement «fait-maison», INSAF n’a cessé de s’améliorer pour que tous les ministères l’adoptent progressivement. Mais ce n’est qu’en 2011 que ce système a été imposé aux différents corps de métiers rattachés aux ministères de l’Intérieur. Avant cette date, la gestion des salaires se faisait ‘manuellement’ par le ministère lui même. INSAF a permis, donc, de lever le mystère sur le nombre exact des policiers et des agents de sécurités. C’était la première étape dans l’édifice de la transparence dans un secteur longuement occulté sous Ben Ali.

En plus de combattre l’emploi fictif et de contrôler plus efficacement les jours travaillés, INSAF a également permis d’instaurer la transparence dans les administrations. Toute l’historique des absences, des congés et des heures supplémentaires/missions sont enregistrés sur INSAF. Pourtant, y’a eu des cas où des fonctionnaires ont pris des congés sans solde mais, paradoxalement, ont continué à percevoir leur salaire bien après le début du congé. «Oui, mais là ce n’est pas la faute à INSAF mais plutôt aux procédures», nous a répondu Sofien Hemissi. Car entre la date d’entrée en vigueur du congé et sa publication dans le JORT cela peut prendre plusieurs semaines.

«Mais une fois que le texte est scanné ou sinon sa référence mentionnée dans INSAF, l’ordonnateur du ministère concerné procèdera au non-versement du salaire du mois en cours. De toutes les façons aucun changement dans la fiche salariale d’un fonctionnaire sur INSAF ne peut se faire sans justificatif écrit ou scanné».

Mais malheureusement, un maillon important n’est pas encore intégré dans INSAF : les municipalités. C’est pour cette raison qu’en 2011, la présidence du gouvernement a exigé à ce que tous les employés et contractuels des municipalités soient payés via INSAF. Malheureusement, ce projet connaît un certain ralentissement poussant Habib Essid, en février dernier, à faire un suivi personnel du dossier. Parmi les raisons ? La connexion et le manque de personnel qualifié. A suivre.

Welid Naffati

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