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Tunisie – SMD 2013 : Ces médias classiques qui se font manipuler par les médias sociaux

Tunisie – SMD 2013 : Ces médias classiques qui se font manipuler par les médias sociaux

L’émergence rapide d’Internet, en particulier des réseaux sociaux ces dernières années, a donné une autre envergure à ceux-ci : un statut tel que certains les considèrent comme un média à part entière, au même titre que les médias classiques. La comparaison entre ces médias a été donc l’un des sujets traités durant le Social Media Day (SMD), organisé le 30 juin au 404 Lab, nouveau nom du siège technique de l’Agence Tunisie d’Internet (ATI).

Tunisie – SMD 2013 : Ces médias classiques qui se font manipuler par les médias sociauxL’émergence rapide d’Internet, en particulier des réseaux sociaux ces dernières années, a donné une autre envergure à ceux-ci : un statut tel que certains les considèrent comme un média à part entière, au même titre que les médias classiques. La comparaison entre ces médias a été donc l’un des sujets traités durant le Social Media Day (SMD), organisé le 30 juin au 404 Lab, nouveau nom du siège technique de l’Agence Tunisie d’Internet (ATI).

Et pour une première table-ronde du Social Media Club Tunisia pour ce SMD, l’équipe d’organisation a choisi la symbolique du sous-sol de l’ATI. Où les caniveaux de la censure de Zaba avaient pour tâche de museler les voix sur le Net. Une liberté d’expression que caractérise surtout l’utilisation massive des réseaux sociaux. En effet, le SMD a commencé par une brève statistique sur l’impact des réseaux sociaux en Tunisie : plus de 4 millions d’internautes, 3 millions de Facebookeurs, 12 mille comptes Twitter et une communauté assez importante de blogueurs. Des indicateurs qui en disent long sur l’importance de l’impact d’Internet sur une population de 12 millions d’habitants. Une activité qui a commencé à faire ses preuves dans les évènements de Décembre 2010 qui avaient conduit à la chute du régime.

C’est donc dans une ambiance décontractée, que les interventions se sont succédées. C’est Larbi Chouikha, professeur à l’institut de presse et des sciences de l’information (Ipsi) et membre de l’Inric qui a mené la danse, en comparant les 2 types de médias. Tout d’abord les médias classiques, dotés d’une ligne éditoriale et régis par un environnement spécifique (éthique, transparence financière et public cible), mais aussi les réseaux sociaux, qui sont basés sur 3 piliers : l’individu, le contexte et l’interaction. Les réseaux sociaux se caractérisent surtout par l’absence d’une certaine éthique, d’une certaine charte régissant le travail de ces sites. Résultat : nous avons plusieurs dépassements commis, par des gens qui s’auto-proclament journalistes grâce aux moyens offerts par Facebook ou Twitter. C’est pour cela que M. Chouikha accorde une grande importance à la sensibilisation de cette catégorie de gens. «Un travail d’initiation et de pédagogie est indispensable. Il faut définir les lignes de conduites et les mécanismes», a-t-il déclaré.

Puis ça a été le tour de Kamel Laabidi, président de l’Instance nationale de réforme de l’information et de la communication (Inric, qui s’est autodissoute le 4 juillet 2012). Reconnaissant que la liberté d’expression a des limites, il a néanmoins refusé toutes sortes de répression et de limitation du champ d’action des journalistes citoyens de la part de l’Etat. «Aucun pays démocratique ne régule Internet», a-t-il insisté. Il ajoute que les tentatives de répression sont dues surtout au fait que la liberté d’expression est un fardeau pour certains partis, et que c’est la politique qui manipule cette liberté comme bon lui semble, donnant comme exemple le cas des 2 blogueurs condamnés à 7 ans de prison pour blasphème.

C’est enfin Thameur Mekki qui a clos les interventions, en traitant de la façon de différencier l’info de l’intox. La désinformation et la manipulation sont, en effet, des phénomènes qui, malheureusement, ont débordé des réseaux sociaux pour être retransmis par les médias classiques. Un phénomène qui a pris de l’ampleur ces derniers mois avec la prolifération de news tirées par les cheveux, dont la source facebookienne est pour la plupart du temps anonyme. Même quelques journalistes professionnels usent de ces informations erronées, par ignorance, incompétence ou juste par paresse, dans leur quête du sensationnel et du buzz. La course à l’audimat ne fait qu’amplifier encore plus ces intox. «Il faut rechercher l’information auprès d’une source fiable. Je prends l’exemple des pages facebook. Seules les pages officielles sont à prendre en compte, les autres sont à rejeter» a-t-il remarqué. Mais même cette tâche peut s’avérer ardue. «Prenons l’exemple du parti Ennahdha. Leurs partisans, eux-mêmes, ne savent même pas laquelle est leur page officielle. Selon eux, toute page officielle du parti est celle qui diffuse les communiqués officiels. Seulement voilà, toutes les pages satellitaires à Ennahdha le font. Pire, elles rajoutent à ces communiqués toutes sortes de diffamation et d’insulte. Seul moyen efficace pour contourner ça, c’est de chercher la page officielle déclarée par le site officiel du parti». 

Le Social Media Day dans sa 3ème édition était donc très réussie dans l’ensemble. Loin des manifestations «m’as-tu vu» où le nivellement par le bas est le mot d’ordre. L’effort du Social Media Club Tunisia, présidé par Bahia Nar, de cette année a mis à nue l’importance des médias sociaux dans notre vie courante, et même dans la destinée d’un pays. Dans un contexte politico-économico-social très explosif, les réseaux sociaux peuvent faire vaciller les plus hautes sphères de l’Etat et redistribuer les cartes du pouvoir. 

Seif Eddine Akkari

Crédit Photo : La page officielle du SMC sur fb

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