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Une association tunisienne part en guerre contre la violence sur facebook

Une association tunisienne part en guerre contre la violence sur facebook

L’association de Droit de l’Informatique et de l’Internet (DII) a organisé jeudi 21 février une conférence de presse pour annoncer le lancement d’une campagne appelée «Connecti ama Respecti» (Connecte-toi, mais respecte les autres). A l’occasion du Tunisian Safer Day, la DII cherche par cette action à tirer la sonnette d’alarme quant aux retombées négatives liées à Internet.

Une association tunisienne part en guerre contre la violence sur facebookL’association de Droit de l’Informatique et de l’Internet (DII) a organisé jeudi 21 février une conférence de presse pour annoncer le lancement d’une campagne appelée «Connecti ama Respecti» (Connecte-toi, mais respecte les autres). A l’occasion du Tunisian Safer Day, la DII cherche par cette action à tirer la sonnette d’alarme quant aux retombées négatives liées à Internet.

«Dès qu’on ouvre Internet on se trouve direct en face de la violence qu’elle soit sous forme de statut ou de vidéos ou d’images sur facebook ou de mails au ton tendancieux. C’est pourquoi nous avons décidé d’organiser ce Tunisian Safer Day», s’explique Naoufel Ben Ahmed, président de l’association. Lors de cette conférence de presse, il pointera du doigt l’amalgame qui s’est crée dans l’esprit des jeunes tunisiens entre liberté d’expression et diffamation. 

«La liberté ne signifie pas diffamer. Le secteur des TIC, et notamment les échanges sur Internet, est régi par des lois. Or nous avons remarqué que les internautes tunisiens ne sont même pas au courant de leur existence et ils se trouvent parfois surpris d’apprendre qu’ils peuvent être poursuivis en justice au sujet de leurs publications sur Facebook ou sur n’importe quel site Internet».

Pour M. Ben Ahmed, c’est cette cyber violence qui encourage les Tunisiens à passer à l’acte dans la vie réelle. D’où la nécessité de faire connaître les lois qui préservent les Tunisiens de la violence sur Internet. «Mais l’affaire concerne plus, et avant tout, le noyau dur de chacun de nous. C’est à dire la famille», précise-t-il.

Chemseddine Ethani Barnat, juriste et membre de l’association, a par la suite rebondi sur cette déclaration pour dénoncer un manque de sérieux de la part des parents dans le suivi de l’activité de leurs enfants. «On a remarqué qu’il y a des jeunes de 8 ou 9 ans qui ont déja des comptes facebook. Et leurs parents ignorent quels sont les amis avec lesquels ils entrent en contact et quels sont les échanges qu’ils ont avec eux».

Une association tunisienne part en guerre contre la violence sur facebook

«Nous sommes dans une période où on doit faire le bilan. Et il est temps de sonner l’alerte. En Tunisie, avant le 14 janvier 2011, on ne connaissait pas les dangers du Net car il y avait beaucoup de contrôle policier et beaucoup de censure», rajoute-t-il par la suite. «Après le 14 janvier, les Tunisiens ont réalisé que la liberté acquise s’est faite grâce à Internet. Ils ont alors commencé à l’utiliser massivement. Au départ, il y avait une sorte de crainte qu’il soit toujours sous contrôle. Et donc il y avait une sorte de limite que chaque internaute se posait. Mais au fil du temps, quand ils se sont aperçus du laxisme du gouvernement vis à vis de la cyber criminalité, ils s’en sont alors donné à cœur joie dans la diffamation.

«On a par ailleurs constaté, maintenant, que l’Internet en Tunisie est devenu un vrai champ de bataille politique où le rapport de force se calcule par le nombre de publications épinglant, ou carrément insultant, le camp adverse».

Imed Ben Ahmed, également juriste et membre de la DII, a voulu tout de même tempérer en rappelant les mérites d’Internet : «Le Web n’est plus seulement un moyen de savoir. Mais l’espace cybernétique est devenu très intrusif dans notre vie quotidienne. Notre travail passe par Internet. La création d’emploi se fait en temps de crise grâce à Internet. C’est dire combien le virtuel a, au jour d’aujourd’hui, son importance dans notre vie personnelle et dans l’économie du pays».

Pour Hichem Snoussi, de l’association internationale Article 19, et ex membre de l’INRIC, le contrôle qu’on doit faire sur les réseaux sociaux contre la cybercriminalité ne doit pas devenir une machine de censure ou d’autocensure. «La seule solution pour ne pas tomber dans cette erreur, c’est la bonne gouvernance avec, par exemple, une charte d’utilisation. C’est donc au final, l’apprentissage par les Tunisiens de leurs responsabilités sur Internet qui fera réduire la cybercriminalité», a-t-il affirmé. «Mais il faut comprendre que ce que nous voyons maintenant est la résultante des années de répression où la pensée unique était le mot d’ordre». 

M. Snoussi a par la suite parlé des groupes organisés sur facebook pour diffuser les intox. Des groupes qui, selon ses dires, roulent pour un parti politique, et qui ont pour unique tâche de terroriser et discréditer l’opposition. Ce cyber terrorisme a donc participé à l’état de violence qu’on observe dans le pays depuis ces dernières semaines.

La DII organisera plusieurs Workshops dans les collèges et facultés pour expliquer aux jeunes Tunisiens les dangers du Net et leur faire découvrir les lois qui s’appliquent dans les actes de cybercriminalité. Des dépliants vont être également distribués aux parents dans lesquels ils peuvent lire 10 conseils à mettre en pratique pour préserver leurs enfants des dangers de facebook.

Welid Naffati

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