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UTICA : La Fédération tunisienne des TIC tire à boulets rouges sur le gouvernement (2/2)

UTICA : La Fédération tunisienne des TIC tire à boulets rouge sur le gouvernement (2/2)

Lors de sa conférence de presse qui s’est déroulée le 28 janvier à l’UTICA, la Fédération Nationale de l’information et de la communication a recommandé plusieurs points prioritaires dans l’établissement d’une stratégie nationale pour le développement d’une économie numérique (lire la première partie). L’objectif? Instaurer un équilibre régional et attirer les investisseurs étrangers et ce, même dans les zones les plus reculées du pays, avec des milliers d’emplois à la clé.

UTICA : La Fédération tunisienne des TIC tire à boulets rouge sur le gouvernement (2/2)Lors de sa conférence de presse qui s’est déroulée le 28 janvier à l’UTICA, la Fédération Nationale de l’information et de la communication a recommandé plusieurs points prioritaires dans l’établissement d’une stratégie nationale pour le développement d’une économie numérique (lire la première partie). L’objectif? Instaurer un équilibre régional et attirer les investisseurs étrangers et ce, même dans les zones les plus reculées du pays, avec des milliers d’emplois à la clé.

Parmi ces points inspirés du projet “Tunisie Digitale 2018” on peut citer : le déploiement du très haut débit dans toutes les régions de la Tunisie (fibre optique, 4G), une meilleure gestion du fond des télécoms financé par la fameuse taxe de 5% prélevée sur les factures des télécommunications (dont 50 millions de dinars seraient destinés à la subvention de projets), l’axe e-business qui englobe le commerce électronique, la santé et le tourisme, l’axe off-shore, l’axe usage et l’axe innovation.

«Encore une fois et malgré toutes nos propositions pour que ces fonds puissent financer des projets, seuls deux ont été approuvés: le fond pour le dégroupage de la boucle locale de Tunisie Telecom et le service universel. Ce qui demeure très peu», a précisé à cette occasion Karim Ahres, Président de la Chambre Nationale des Intégrateurs des Réseaux télécom.

Il a en outre dénoncé une disproportion entre le nombre exubérant d’écoles supérieurs en technologies (les ISET), puisqu’il y en 24 établissements répartis sur l’ensemble du pays, et le manque flagrant de projets d’emplois destinés aux diplômés de ces écoles. 

«Plus de 90% des sites Internet sont hébergés à l’international», a-t-il rajouté. «De ce fait, plus 90% de la bande passante nationale est vide puisque nous consommons essentiellement à l’étranger. Pire: on continue d’importer massivement des logiciels de gouvernance coréens au lieu d’en développer à l’échelle locale. Sachant que plus de 60% des issus de ces ISET sont au chômage! Concernant le chômage, l’Etat avait promis en 2013, 80 000 emplois dont 50 000 échelonnés sur une période de cinq années dans le cadre du projet Smart Tunisia. Il suffit de voir les résultats maintenant de ce projet. Nous sommes début 2015 et nous sommes à peine à une centaine crée dans le cadre de ce projet. Alors qu’on aurait du arriver à 6000 embauches la première année et 10 000 pour la deuxième», s’est insurgé M. Ahres.

Des promesses d’embauches non respectées qui se sont accumulées au fil des années, un manque d’adhésion des entreprises publiques, des projets restés dans les tiroirs des ministres sortants. Bref,  les responsables ont dénoncé d’une seule voix, la sourde oreille des différents gouvernements qui se sont succédés durant ces trois années, en se cachant devant la triste réalité des faits.

La Fédération Nationale des TIC exhortent, donc, le nouveau gouvernement à ne pas faire les mêmes erreurs que ses prédécesseurs. Au final, s’il n y a pas une réelle volonté politique, économique et globale qui finisse par reconnaitre l’importance du digital dans le développement économique de la Tunisie, celle-ci risque d’en pâtir pour de longues années à venir.

Mohamed Lahbib Gnounou

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