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Est-ce le début de la fin pour Microsoft Tunisie ?

Ces dernières années, l’open Source a commencé à avoir le vent en poupe. Bien que le lobbying de ses adeptes à travers le monde y soit pour quelque chose, nul ne peut nier l’avantage du Linux à réduire considérablement les charges financières. Chose normale vu qu’il n’y a pas besoin d’acheter un logiciel libre pour pouvoir l’utiliser.

En 2009, la Tunisie a dû payer la bagatelle de 7800000 dinars à Microsoft Tunisie pour l’achat de licences (systèmes d’exploitation et autres logiciels) originaux pour une grande partie de ses ordinateurs dans les ministères et administrations publiques. Cette somme a été revue à la baisse en 2010 puisque l’Etat n’a dû verser ‘que’ 6300000 dinars.

Donc, en clair : pour régulariser sa situation avec Microsoft, la Tunisie a payé rubis sur ongle, pas moins de 14,1 millions de dinars en deux ans. Emploi optimal de l’argent du contribuable ?

Crise économique oblige, la compensation des produits de bases ne cesse d’alourdir les charges sur le budget annuel du pays. Et ce ne sont pas les turbulences de ces derniers mois (grèves, faillites de plusieurs PME, situation sécuritaire chancelante, etc.) qui vont réussir à combler le trou béant des caisses de l’Etat.

Les élections du 23 octobre dernier ont donné gagnant Ennahdha et le Congrès pour la république (CPR, alias Mottamar). D’après les résultats provisoires, ces derniers pèsent à eux seuls 55,29% en nombre de sièges à la constituante. C’est dire que leurs positions communes peuvent influencer les prochaines décisions du gouvernement. Des décisions qui ne seront sans doute pas du goût de tout le monde ; notamment, celui de Microsoft !

Ennahdha et le CPR ont en effet exprimé solennellement, et à plusieurs reprises, leur soutien inconditionnel à l’Opensource. Le premier n’hésite pas à qualifier les logiciels libres de «philosophie qui converge avec la pensée islamique». Le grand gagnant des élections avouera même qu’un groupe d’experts a été chargé de préparer le programme technologique d’Ennahdha en s’inspirant de l’expérience de plusieurs pays en matière d’Open Source, comme la Malaisie (pays islamique), le Brésil (pays en voie d’industrialisation), et même la France. Un pays qui, rappelons-le, a choisi le Libre pour ses administrations afin de réduire ses propres charges. Et pourtant, la France est un pays ‘riche’ !

«Le monopole de Microsoft sur le marché tunisien est très grand. Il serait temps de lâcher un peu le recours à des solutions qui coûtent énormément d’argent», nous a déjà déclaré un représentant d’Ennahdha. «Nous trouvons aberrant le fait que le ministère de l’Education supérieure puisse dépenser annuellement plus de 2,6 millions dinars pour s’octroyer des licences Microsoft, alors que les solutions Open Source permettent d’économiser de façon drastique cette somme».

Même son de cloche du côté du Mottamar. Son président, Dr. Moncef Marzouki a d’ailleurs déclaré à ce sujet que «l’utilisation de ces logiciels est très bénéfique, car ils permettront de réduire la dépendance de l’Etat envers les grosses compagnies technologiques, soutenues par les puissances étrangères».

Ce n’est plus un secret pour personne. L’ennemi numéro Un de Microsoft est l’Opensource. Jusqu’à peu, le gouvernement de Ben Ali était le principal allié de l’antenne locale de la firme de Redmond. Une coopération qui a ainsi permis à Microsoft Tunisie d’afficher une bonne santé financière depuis plusieurs années. Mais avec la montée d’Ennahdha et du Mottamar, le vent semble tourner : Microsoft TN ne devra plus compter sur les gros budgets ministériels pour renflouer ses caisses.

Les plus philanthropes penseront que ce sont les PME et les grosses boites tunisiennes qui combleront ce déficit. Pas si sûr. Dans une conjoncture où chacun tente de se serrer la ceinture, il sera difficile à Microsoft Tunisie de décrocher de nouveaux contrats. Pire encore : la mauvaise réputation dont bénéficie la firme de Redmond en Tunisie auprès du grand public, ne réussira guère à encourager le Tunisien moyen à acheter des licences Windows originales.

En absence d’une nouvelle approche marketing dans la communication de l’entreprise, Microsoft Tunisie aura du mal à faire long feu face aux défis qui l’attendent. Surtout avec un nouveau DG dont le savoir-faire se limite à la technique et une direction marketing sclérosée.

Welid Naffati

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