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L’Etat tunisien charge ooredoo et Tunisie Telecom de la mise en place du RNIA2

L’Etat tunisien charge ooredoo et Tunisie Telecom de la mise en place du RNIA2

Tunisie Telecom et ooredoo ont gagné l’appel d’offre de l’Etat tunisien au sujet du Réseau National Intégré de l’Administration de deuxième génération (RNIA2). Pendant que ooredoo raccordera essentiellement les administrations publiques dans le sud et le centre pour 20 millions de dinars, Tunisie Telecom raccordera le reste pour environ 40 millions de dinars.

Grâce à ce RNIA2, la gestion de ces administrations et municipalités, notamment au sujet de la gestion des budgets et le versement des salaires des fonctionnaires, se fera à distance (lire la 2ème partie de l’article pour mieux comprendre). Mais en plus de ces services, le Centre National d’Informatique (CNI) pourra assister ces administrations dans le dépannage du matériel informatique à distance.

Car il arrive souvent que des PC soient envoyés avec des coursiers des zones intérieures du pays, comme le sud, vers la capitale où se trouve le siège du CNI afin de remettre en marche ces machines (environ 20 interventions de ce type par jour au CNI à Tunis). Ceci peut aller d’un simple paramétrage jusqu’au changement de composants en passant par le formatage. Mais il arrive que le CNI fasse déplacer ses agents jusqu’à ces administrations pour remettre en marche un PC, un réseau local, une connexion Internet ou tout simplement… une imprimante.
Mais combien coûte tout ça ? « Pour intervenir sur un site au nord de la Tunisie par exemple, on dépense en moyenne entre 40 et 70 dinars par intervention tout coût confondu, hors des coûts divers de réparation hardware », nous a répondu Sofiene Hemissi, DG de la CNI. «Sachant que nous faisons ce genre d’intervention 2 à 4 fois par mois et que ce montant double voire même triple plus la zone d’intervention est loin de la capitale, je vous laisse alors imaginer le montant global de ces dépenses».
Mais le DG de la CNI s’attend à ce qu’avec le RNIA2, et les autres chantiers de mise à niveau des applications nationales, toutes les administrations vont basculer en mode SAAS (Software As A Service). C’est à dire que les PC seront équipés par le strict minimum pour faire fonctionner la machine et se connecter à Internet. Toute la partie applicative ainsi que les logiciels nécessaires au travail des agents seront exécutés à distance sur les serveurs de la CNI en mode cloud.

Autre nouveauté avec ce RNIA2, le CNI créera un Network Operation Center (NOC) qui veillera sur le bon fonctionnement de tout le réseau RNIA. Mais les challenges du CNI ne s’arrêtent pas là. Il y aura en effet le grand chantier d’interopérabilité des Systèmes d’information de tous les ministères et services afin d’établir les liens nécessaires entre eux et de finir avec la logique des silos de nos administrations. Ainsi, on pourra créer le fameux identifiant unique et le citoyen n’aura plus à faire des va-et-vient entre les administrations pour remplir ses paperasses. Mieux encore : Il sera même possible de gérer ses affaires à distances, sur Internet, via mobile, grâce à l’identité numérique de chaque citoyen.

Mais ce travail ne peut-être optimal tant que le travail du CNI ne se verra pas consolidé par un CIO de l’Etat (appelé aussi DSI de l’Etat). Ce responsable des Systèmes d’Information devra, en effet, trouver les bonnes stratégies et les bonnes orientations dans le développement de ces services connectés. Ceci étant, connecter tous les services en SAAS et la mise en place de la plateforme d’interopérabilité génèreront une quantité incroyable de données. Et dans ce cas, l’Etat tunisien devra penser aussi à créer un CDO (une unité de traitement et d’analyse Big Data). Car grâce à ce tandem, le CNI (l’organe exécutif de la stratégie digitale de l’Etat, axe eGov) pourra améliorer la vie du citoyen et mieux contrôler les dépenses publiques tout en instaurant l’Open Gov.

Ceci étant dit, il y aura toujours des soucis qui ne seront être réglé qu’en présence d’un technicien de dépannage sur les lieux en cas de panne (problème au niveau du routeur, de la fiche RJ24, de l’imprimante réseau, etc.). Et à ces soucis techniques, on ne pourra pas faire déplacer à chaque fois des techniciens du CNI depuis Tunis. Ceci ne fera que faire perdre encore plus de temps et d’argent au contribuable.

La solution ? Le CNI devra se baser sur un réseau de StartUp partout en Tunisie, surtout dans ces régions intérieures, qui vont pouvoir dépanner pour le compte de la CNI ces administrations en cas de problème. Le bénéfice sera double : Avoir une meilleure qualité de service pour le citoyen (on n’entendra plus la fameuse phrase «Revenez demain. Le réseau est en panne») et on encourage la création d’emploi chez les jeunes chômeurs, surtout dans les zones les plus défavorisés. A bon entendeur.

Welid Naffati

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Pourquoi nous dit-on toujours «y’a pas de réseau» dans les administrations tunisiennes?

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